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NIFFF 2009

14 juillet 2009

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Comme chaque année, la paisible ville de Neuchâtel ouvre ces portes durant la première semaine de Juillet pour accueillir un des plus cool festivals qui soit, le Neuchâtel International Fantastic Film Festival. Et comme chaque année la part belle a été faite au fantastique, au ciné asiatique et a divers rétrospectives (cinéma nordique contemporain, Cat III et William Castle) en plus d’une séance quotidienne en plein air. Je ne vous ferait pas le descriptif des différentes sélections et du palmarès (le site du festival est fait pour ça) mais bien évidement la chronique des films que j’ai eu la chance – et parfois la malchance – de voir. Pour une meilleur lisibilité, je ferais le point par catégorie.

Sam Rockwell dans Moon.

Sam Rockwell dans Moon.

On commence par la sélection reine, a savoir la compétition international qui a débuté avec Moon, réalisé par Duncan Jones – le fiston de David Bowie pour l’anecdote – en 2008. Moon raconte l’histoire de Sam, un astronaute travaillant pour le compte d’une multinational dans l’extraction d’un gaz Lunaire. Bientôt au terme de son contrat, Sam va rencontrer son double et apprendre la vérité sur les méthodes douteuses de la compagnie. Ce n’est pas par son propos ou le développement convenu de son intrigue que Moon se pose comme une première œuvre malgré tout intéressante. Jones a  situé son propos et son esthétique vers le ciné de Science Fiction contestataire US des 70’s avec en ligne de mire Silent Running (Douglas Trumbull/1972) dont il reprend quelques éléments (solitude du héros, situation découlant d’une catastrophe écologique). Ce qui rend le métrage plutôt plaisant se tiens dans son design – Silent Running, voir Alien pour certains décors – et dans les déambulations lunaire de Sam, prenant souvent une orientation poétique, des instants prenants rehaussés par d’excellents SFX et par le score planant de Clint Mansel. On passe ensuite au nouvel opus de l’auto-proclamé « plus grand antichristréalisateur du monde » Antichrist de Lars von Trier et force est de reconnaitre qu’il est assez ardu d’en parler. Suivit d’une frauduleuse réputation de film choc (pour les grabataires cannois) consécutive a la présence de Charlotte Gainsbourg se faisant une séance de masturbation ou d’auto-excision, Antichrist se présente – par ces partis pris formel et son rythme lancinant – comme l’œuvre la plus radical de Von Trier depuis Élément of Crime. Souvent tenté par le fantastique, Antichrist raconte l’histoire d’un couple en pleine dérive après le décès de leurs enfant. Le mari (Willem Dafoe) réussit a convaincre sa femme de se rendre dans un chalet perdu en pleine forêt, mais il se rendra compte qu’elle n’est plus l’être qu’il a connu, et qu’une mystérieuse thèse sur les souffrances de la femme dans l’histoire des religions en est sans doute responsable. On va pas chercher midi a quatorze heures, ce n’est pas par la profondeur des thèmes abordés qu’Antichrist interpelle mais pour son radicalisme. L’opus de Von Trier se présente comme un drame intimiste, évoluant finalement vers un pur film d’horreur sondant le coté obscur de son personnage féminin, le tout sur fond de paganisme médiéval, de références ciné parfois assez évidente (Shining ou l’Au delà – eh oui -) et d’une simplicité narrative voulu, laissant la place a de longues plages atmosphérique largement influencé par Tarkovski (a qui Von Trier a dédié ce film). Qu’on aime ou pas, il faut tout de même reconnaitre l’investissement personnel de Gainsbourg et Dafoe, qui offre tout deux une composition assez saisissante, et la démarche anticonformiste de Von Trier qui semble bien se contrefoutre des attentes du publique et surtout de la critique a son encontre.

Fanny Valette dans Vertige.

Fanny Valette dans Vertige.

Dans un registre plus classique, Vertige d’Abel Ferry se situe dans la bonne moyenne des survivals. 5 jeunes se rendent en Croatie pour pratiquer de la varappe, faisant fi de l’avertissement indiquant la fermeture du chemin, ils décident néanmoins de poursuivre leurs périples, mais mal leurs en prends, de sinistres aventures les attendent (mode anti-spoiler on). Largement inspiré par The Descent, tendu et parfois stressant, Vertige reste un pur exercice de style tenu par une réal de bonne facture et de bon acteurs, trouvant cependant ces limites dans une fin convenue, quelques faiblesses de mise en scène vraiment voyantes sur toute la seconde moitié (montage trop serré, shaky cam a donf’) et un scénario globalement complètement naze. Reste un suspense correcte et une preuve qu’il est possible de produire en France autre chose que Mutants (ce qui ne rélève pas non plus d’un bien grand exploit). Si le postulat de Franklyn intriguait, je ne pourrais pas soutenir plus avant la démarche poussive d’une œuvre très largement soutenue par son design a tomber.  Le film premier de Gerald McMorrow raconte le destin de plusieurs personnes, dont un se situant dans une cité situé a une époque ou la religion est la norme et poursuivit par les autorités alors qu’il tente de tuer le dangereux leader d’une secte. Évidement toutes ces histoires verront leurs aboutissement dans un final ou le destin des protagonistes se croiseront. En fait il n’y a pas grand chose a se mettre sous la dent dans Franklyn, mis a part son visuel et la sublime Eva Green. Personnage creux, intrigues mollassonnes et pompeuses, Franklyn accumule les pires tares d’une première œuvre se voulant intelligente mais se vautrant dans les grandes largeurs dans ces ambitions, tant celui ci se présente comme un parfait catalogue de clichés bobo chichiteux (les clips arty tournés par le perso joué par Eva Green, au secours !!!) se finissant sur sur un plan final ridicule mais logique d’un film n’assumant jamais sa filiation au cinéma de genre (et je parle pas de la construction même du truc qui rappelle lointainement les pires heures du ciné de Lelouch). Par générosité, je ne rentrerais pas dans les détails de Coffin Rock, tellement nul que je me suis barré avant la fin de la proj.

Queens of Langkasuka 202215empd037_01

On passe a la compét’ asiatique avec Queens of Langkasuka de Nonzee Nimibutr, pour rappel réalisateur du parait-il excellent Nang Nak, le film détonateur du renouveau de l’industrie Thaïlandaise. Après son triste épisode dans l’anthologie Three, Nimibutr confirme qu’il est le réalisateur d’un seul film. Queens of Langkasuka se présente comme une réponse Thaï a Pirates des Caraïbes, ambitieux projet qui échoue lamentablement tout au long des 2 heures quinze que dure cette véritable punition. Scènes d’action balourdes et chiantes au possible, perso inexistants et scénario abracadabrant, Nimibutr enchaîne les non-scènes avec un aplomb qui forcerait presque l’admiration tant celui ci semble vraiment croire en son projet, et ce ne sont pas les quelques vrais bonnes idées qui le parsème qui sauve ce film de la catastrophe. Connected du Hong-Kongais Benny Chan se révèle être d’un tout autre niveau. Remake du Cellular de David R. Ellis avec Kim Bassinger, Connected parle d’un type tout ce qu’il y a de plus ordinaire se retrouvant dans une incroyable poursuite a travers les rue de Hong-Kong, suite a un coup de téléphone donné par une inconnue qui a été enlevé par des tueurs a la recherche d’un fichier vidéo les compromettant dans un trafique de drogue. Fonçant tête baissé dans tout un tas de péripéties toutes plus tendues les unes que les autres, Benny Chan enquille les poursuites en bagnole, les twist a répétition et autres gunfight avec un bonheur franchement communicatif, Connected se révèle être une belle mécanique parfaitement huilé, un gros pain de dynamite alternant avec bonheur les scènes d’action et de comédie – toutes proportions gardés, on pense parfois a Une Journée en Enfer – tout en étant souvent assez violent dans des ruptures de tons habituel du ciné HK. Du coup Benny Chan est a surveillé de très près, lui qui jusque là ne c’était fait sky-crawlers 3remarquer qu’avec les très moyens New Police Story et Divergence. Mais l’évènement du festival était sans conteste la nouvelle œuvre de Mamoru Oshii (lui aussi un autre grand adepte de Tarkovski), The Sky Crawlers. Film de guerre un brin uchronique situé a une époque qui semble être un 20 ème siècle revisité, The Sky Crawlers décrit le combat d’un escadron aérien dans une guerre qui semble être le résultat d’un conflit entre deux consortiums industriel. Cette escadron est exclusivement composé d’enfants, fruit de manipulations génétiques, et sont lointainement commandé par des adultes, ces enfants sont appelés des Kildrens. L’arrivée de Yuichi dans la base commandé par la commandante Suito, Kildren animé de pulsions auto-destructrices, provoque l’intérêt de ces compagnons. Celui ci, amnésique, remplace un pilote mort dans de mystérieuses conditions tandis qu’un pilote du camp adverse, Le Professeur, les extermine les uns après les autres. Impossible de résumer en quelques lignes le vaste panel de thèmes traités par Oshii dans sa nouvelle œuvre mais The Sky Crawlers se situe dans la lignée des Ghost in the Shell et Avalon. Comme eux, The Sky Crawlers questionne l’identité de l’individu dans un environnement dont il n’est qu’un élément remplaçable, entouré dans un monde ou l’homme est devenu indifférent a l’autre et ne voyant dans la guerre qu’une notion divertissante de plus,  par le billet des médias, dans une époque formaté et commandé par les enjeux le plus souvent abstraits.  The Sky Crawlers développe un discourt sur la guerre – qui sera sans doute perçu comme ambiguë par certains – condamnant sans appel les monstruosité d’une mécanique politique sacrifiant des enfants/adultes dans  une guerre dont on ne sera jamais rien. Visuellement The Sky Crawlers se situe a l’opposée des GITS, largement épuré, sa production design va a l’essentiel tout comme la réalisation d’Oshii qui alterne séquences statique lors des scènes au sol et réalisation virtuose pendant  de magnifiques combats aériens, une manière de renforcer le destin tragique des Kildrens, ne pouvant exister que par la guerre. Mais par contre j’avoue avoir trouvé le nouvel opus de Mamoru Oshii quelques peu déficient par sa gestion du rythme. Là ou les flottements existentiel présents dans ces films précédents fascinaient, ceux de The Sky Crawlers ont eux tendance a m’en faire sortir, mais reste que c’est un film a voir de toute façon et une des meilleurs œuvres du festival.

Panorama 1

La sélection consacrée au cinéma nordique était composée d’une dizaine de films dont je n’ai pu voir que deux sélectionnés. On commence par Ekko, véritable hymne a l’ennuie fait pellicule. Ça raconte l’histoire d’un père ayant enlevé son fils et se réfugiant dans une maison vide de ces propriétaires, mais rapidement la maison s’avérera être hanté par les souvenir traumatisant de l’enfance du père. Putain que ce film fut une plaie a supporter ! Vide, creux et monstrueusement chiant,  Ekko se permet d’oublier son argument vaguement fantastique pour se concentrer sur les relations père/fils, un ramassis de lieux communs grotesques et ennuyeux pour se souvenir que vers la fin, ben le film est vendu comme fantastique et qu’il faut bien finir ce que l’on a commencé. Ekko se fini sur un final de merde (l’apparition d’un gros zombie fantôme) a l’aune d’un film malhonnête, surtout intéressé par le cachet commercial qu’offre le genre. On passe rapidement a Just Another Love Story de Ole Bornedal, film noir tragi-comique d’une facture largement supérieur. Jonas est un homme sans histoire et marié avec une femme avec qui il s’ennuie. Témoin d’un très grave accident de voiture, Jonas compatit au sort de sa victime, une jeune femme devenu amnésique. Après une succession de quiproquo, Jonas est prit pour le petit ami de la jeune fille et, attirer par le mystère qui l’entoure, décide d’en endosser provisoirement le rôle. Mais les souvenir ne vont pas tarder a refaire surface, de même que le vrai petit ami de la jeune fille. Sur un scénario balisé, Bornedal construit un thriller aux accents comique – si comme moi vous êtes fan de l’humour Stimerol, vous allez vous régaler – pour finir sur une dernière bobine beaucoup plus sombre. Just Another Love Story est un excellent thriller, redoutablement maitrisé et jamais chiant malgré une impression de déjà vu et une propension a en faire un peu trop, les dernières minutes sont quelques peu too much dans la poisse chronique que subit Jonas dans son parcourt, et grâce a une facture souvent hyper classieuse et une direction d’acteur irréprochable.

the housemaid

Eun-shim Lee dans The Housemaid.

thing_poster_09On entre dans des rétro. On commence par la carte blanche donné a Bong Joon-ho qui a eu le bon gout de sélectionner The Thing et The Housemaid. Franchement je vois pas ce que je pourrais dire du film de John Carpenter qui reste, malgré une copie un peu fatigué, un chef d’œuvre du film de monstre et un must absolu devant être absolument vu, au moins une fois, en salle (j’étais comme dans un putain de pèlerinage). Je ne vais donc pas m’attarder dessus et me concentrer sur The Housemaid, un classique du ciné Sud Coréen réalisé en 1960 par Ki-Young Kim, assez rare dans nos contrées. Un couple décident d’engager une bonne pour s’occuper de leurs deux enfants, la mère en attendant un troisième. Mais la jeune fille embauché prend peu a peu l’ascendant sur la femme, couche avec le mari et prend finalement possession de la demeure familiale. Difficile de parler très précisément de The Housemaid tant il semble prendre racine dans une vision corrosive de la famille coréen de cette période et de ces valeurs. Le film de Kim-Young Kim se distingue par un humour noir assez présents, les deux enfants sont juste imbuvables (le garçon n’hésite pas a faire tomber sa sœur handicapée, qui est elle même une sale petite peste) et les parents sont au niveau de leurs progénitures. le père est un pleurnichard soumis et sa femme une créature prête a tout pour éviter que le scandale éclabousse son nom (même quand la bonne tue un des enfants avec le poison qu’on lui destinait). On ne peut pas dire que The Housemaid fonce tête baissé, la mise en place de l’intrigue étant particulièrement longue, mais il est par contre juste impossible de dire quoique ce soit sur la facture du film.  Classique – dans le bon sens – et épuré d’effets de style inutiles, elle magnifie l’actrice principal Eun-shim Lee qui irradie d’une beauté sombre  et vénéneuse – on pense a Meiko Kaji ou Barbara Steele – judicieusement utilisé par Ki-Young Kim dans la construction de ce personnage de mante religieuse, rongé par le besoin d’amour, aussi pathétique qu’inquiétante. Une bonne surprise mais un long quand même.

ebola_sLe NIFFF cuvée 2009 se distinguait également par deux grosses rétrospectives consacrées a William Castle et a la Catégorie 3. Pour les néophytes, cette dernières est une des classifications accordé par censure Hong Kongaise, la 3 étant l’équivalent de l’interdiction au moins de 18 ans et arrivant après les catégories 1, 2a et 2b. Une classification devenu une véritable industrie parallèle produisant en masse des films d’exploitations, a partir de la chute de l’industrie HK vers le milieu des 90’s. Le coût moindre de ces films, et les attentes facilement comblés de producteurs se satisfaisant d’une bande alignant nichons et tripaille, fait qu’ils sont devenu un terrain d’expérimentation ou quasiment tout – souvent le pire – était possible. Pour cette raison, la catégorie 3 est très vite devenu un label facilement identifiable pour les amateurs de pellicules déviantes, d’exploitation transgressive et de grosses bisseries qui taches. L’organisation a mis mes petits plats dans les grands pour cette première mondial en incluant dans sa sélection deux des métrages parmi les plus mythiques du genre, Ebola Syndrome d’Herman Yau et Story of Ricky de Ngai Kai Lam. Kai San est en train de baiser la femme de son patron quand celui ci survient, accompagné de deux hommes de mains, Kai San les tuent tous mais laisse une petite fille vivante. Recherché, il fuit en Afrique. Plusieurs années plus ebola_syndrome_01tard, il viole une africaine a l’agonie porteuse du virus Ebola et rentre a HK, non sans avoir supprimé ces patrons et les ayant transformés en pains fourrés a la viande. Porteur du virus mais naturellement immunisé contre lui, Kai San commence a le répandre dans une ville complètement paniqué. Je ne vais pas m’étendre longtemps, le film d’Herman Yau reste un monument élevé a la gloire du mauvais goût, un gigantesque fuck alignant les scènes et les idées les plus fumées, aidé par Anthony Wong absolument génial en personnage odieusement dégueulasse et que pas une ignominie n’arrête (il va jusqu’à cracher a la gueule des passants pour leurs refiler le virus). Racoleur, vulgaire, putassier, outrancièrement gore, viscéralement provocateur et empreint d’un humour noir dévastateur, Ebola Syndrome est un des sommet du genre. Adapté d’un manga, Story of Ricky reste véritablement hallucinant dans le « portrait » qui y est fait de l’univers carcéral HK. Hanté par de répugnants matons et des taulards sadiques, la prison est une pure manifestation de l’enfer sur Terre au dessus duquel règne un directeur jouissant pleinement du pouvoir qui est le siens, aidé par 4 prisonniers tous plus doués les uns que les autres dans l’art de faire souffrir leurs prochains. Au milieu de cette engeance baveuse et rampante, Ricky est un ange sans ailes mais doté de poings qui déchirent les chairs, éclatent des mâchoires, percent des troncs humain et font éclater des crânes. Si la construction même du truc est a pleurer de rire – particulièrement les flash back, divisés en deux partie distincts :  ceux complètement niais avec l’ex de Ricky, dans la droite lignée de Happy Days, et les scènes d’apprentissage ou l’on découvre de Tetsuro Tamba est 04descendu bien bas – Story of Ricky reste lui aussi un monument de what’s the fuck movie intégralement dédié à la péloche qui ramone sévère. Aidé par la réal efficace de Ngai Kai Lam (autrement appelé Lam Nai Choi, auteur de trucs complètement hallucinés comme The Cat ou Seventh Curse ou d’un excellent polar produit par la Shaw, Men from the Gutter ) et de très bon SFX,  Story of Ricky aligne de purs morceaux d’anthologies, démentiels par la démesure de leurs extrémismes. Il serait fastidieux d’en faire ici la liste mais les stombs envoient toute la pâtée – d’autant que Louis Fan est un excellent combattant – avec moult détails qui feront sauter de joie le bisseux qui sommeil en chacun de nous – un taulard n’hésite pas a s’ouvrir le bide pour en extraire des tripes et tenter d’étrangler Ricky avec – pour se finir par un combat contre le directeur, se transformant en une sorte de gigantesque culturiste en caoutchouc, blindé d’hormones de croissance. Viva Erotica et Electric Girl n’ont strictement rien a voir avec leurs prédécesseurs et se situe sur le versant comédie érotique de la catégorie 3. Je vais rapidement passer sur Electric Girl qui s’est révélé être une innommable purge; totalement insupportable et mal foutu, le film commençait plutôt bien pour enchainer ad nauseam sur les insupportables palabres d’une bande de tasspé. Quitte a projeter un VCD sur grand écran, il aurait peut être été plus judicieux de choisir autre chose que cette merde, d’autant que le choix des cat 3 étant assez vaste, on aurait pu espérer voir Dr Lamb, The Untold Story ou Sex & Zen. Réalisé en 1996 par Derek Yee (auteur de One Nite in Mongkok, un des meilleurs polar HK de l’histoire), Viva Erotica est par contre une excellente surprise. Comédie racontant le parcourt viva_erotica_posterchaotique d’un jeune réalisateur en difficulté  contraint de réaliser un film érotique, Viva Erotica est une savoureuse mise en boite de cette partie de l’industrie Hong-Kongaise. Acteur simplet, actrice puérile et capricieuse, producteur véreux, grossier et inculte, réalisateur a tête de melon et tournage catastrophique Viva Erotica se pose pourtant moins comme une vision acide du milieu que comme un hommage a cette frange particulièrement méconnu de l’industrie. Car si tout les personnages sont conformes a l’image qu’ils donnent d’eux même pendant toute la première moitié du métrage,  la suite verra leurs évolution vers une vision moins caricatural ou – suivant le parcourt du réalisateur se découvrant une certaine modestie et une envie de cinéma pour le catégorie 3 qu’on lui a commandé – ceux ci se présenteront comme des êtres humains attachants et sensibles. Hommage aux inconnus qui ont fabriqués des centaines de films dans des conditions impossibles, Viva Erotica est une œuvre vivifiante, drôle (l’hommage a Orange Mécanique est hilarant), généreusement nanti d’un casting 3 étoiles – Leslie Cheung, Chu Qi, Karen Mok, Elvis Tsui et même Anthony Wong dans son propre rôle – et jouissant d’une réal épatante et inventive.

William Castle

William Castle dans ses basses œuvres !

Contrairement a beaucoup de réalisateurs ayant marqués le cinéma fantastique, ce n’est pas par l’exceptionnel qualité de ces films que William Castle c’est fait un nom dans l’histoire, mais pour son ingénieuse contribution a l’élaboration de toute une foultitude de trucages interagissant avec le publique pendant la projection de ces œuvres, portant tous des noms synonymes de procédés « révolutionnaire ». Réalisateur correct et homme de spectacle génial, Castle a réalisé une dizaine de films ayant utilisés ces gimmicks dont House on Haunted Hill et The Tingler. Un richissime homme d’affaire organise une soirée pour sa femme , une créature d’une absolue vénalité qui a déjà tenter de l’assassiner, dans une maison réputée maudite, que l’on dit hanté par l’esprit des nombreux morts qui s’y sont succédés. Il invite plusieurs personnes qui ne se connaissent pas et leurs posent le défit d’y passer la nuit en échange de quoi le ou les survivants, s’il y en a, recevront une importante somme (House…). Un savant est a la recherche de la cause d’une mort causée par une terreur extrême, il rencontre le propriétaire d’une salle de cinéma qui lui présente sa femme, une muette atteinte d’hameatophobie et d’une profonde paranoïa. Au cours de ces recherches, le savant avait découvert qu’un parasite se formait pendant une période de peur et broyait la nuque, a moins que la victime ne hurle d’effroi, causant la mort provisoire du parasite. le professeur profite d’une des crises de la femme pour lui administrer du LSD, en espérant provoquer une peur si intense que le house_on_haunted_hill_poster_02parasite (le fameux Tingler) la tuerait sans que celle ci ne puisse le tuer de son cri. La plan marche a merveille et la femme est victime de sanglantes hallucinations qui l’a font mourir. Le professeur n’a aucun mal a convaincre son mari de l’autopsier pour récupéré le Tingler. Mais la vilaine bête a d’autre intention, tout comme la femme de l’homme de science qui rêve de se débarrasser de son mari. Productions a la mise en place un tantinet laborieuse, House on Haunted Hill et The Tingler se rattrapent largement par le coté sympathiquement bordélique de leurs intrigues, le savoureux cynisme d’un Vincent Price impériale (comme d’hab’) et la misogynie totalement assumée de scènes de pure comédie, construite autour de tagline d’une puissance galactique situé pendant  les affrontements verbal de Price et de ces femmes, des instant où le terme « guerre des sexes » prends tout son sens. Ce qu’il y  a de génial dans les films de Castle, c’est l’invention de gimmicks créant une interaction avec le publique pendant certaines scènes clé, des procédés qui ont heureusement été recréer pour le festival. Si House on Haunted Hill ne se signale que par l’apparition d’un squelette en salle – et sa mise au rencart par une apparition vraiment drôle de Price, le tout étant évidement tingler_poster_01synchronisé  -, ce qui n’est vraiment pas dommageable puisqu’il s’agit du plus rythmé des deux et qu’il se passe de gimmicks pour le reste du métrage, The Tingler lui marche a fond dessus. Après une première demi heure laborieuse au possible, The Tingler se rattrape largement – a partir d’une scène en couleurs (les deux métrages sont en N&B) décrivant les hallucinations de la pauvre muette, un cauchemar psychédélique rouge sang – grâce a un procédé « RÉVOLUTIONNAIRE » (sic) sobrement nommé le Percepto. Son concept, d’une grande simplicité, consiste simplement à gueuler comme un veau a chacune des attaques du Tingler avec, comme point culminant, l’utilisation du squelette, de jeux de lumières, de l’envoie dans la salle d’une grosse capote noirâtre – je me refuse catégoriquement a essayer de deviner de quoi elle était rempli – sensé représenter le Tingler qui, dans le film, est en train de sévir dans une salle de cinéma et que le publique se passait en se la balançant au hasard dans la salle, et pour finir d’une charmante demoiselle mimant une victime égorgée par la facétieuse bestiole, le tout sous les performances vocal des spectateurs. Vraiment excellente, cette initiative m’a fait regretter de ne pas avoir vu plus de film de la rétro Castle.

crank2_1Le NIFFF propose également un open-air ou fût notamment diffusé Crank 2, toujours avec Jason Statham et réalisé par Mark Neveldine et Brian Taylor. Commençant, a la seconde près, après la fin du premier épisode, Chev Chelios est privé de son cœur qui a été remplacé par une prothèse alimentée par deux batteries (une externe et une interne), il réussit a s’échapper mais claque sa batterie externe. Ne lui restant que l’interne a courte autonomie – qu’il peut recharger en se passant  n’importe qu’elle source de courant a travers le corps – il va parcourir L.A. a la recherche de son cœur, avec l’espoir de faire des brochettes avec les couilles  des enculés qui lui ont fait ça. Explosant les limites du mauvais goût, Crank 2 enfonce son modèle par l’entassement de vulgarité racoleuse et de gros morceaux juteux de what’s the fuck, finement relevé par une misogynie d’ado obsédé par le cul et les flingues, dont le second degré et la portée philosophique devrait selon toute vraisemblance enthousiasmer Isabelle Alonso. Comme toute bonne suite qui se respecte, Neveldine et Taylor reprennent les scènes marquantes du premier pour les porter a leurs paroxysmes, et dans le genre Crank 2 s’impose vraiment comme un modèle (douteux). Sodomie au fusil a pompe, scène de copulation crank2_1sheetdevant un stade de huit mille personnes, attouchement de veille personne, nichons en silicone fuyant après avoir été transpercés par des balles lors un gunfight dans un bar a putes, combat Godzillesque (au sens littéral du terme), tueur gay affligé du syndrome de la tourette et adepte du nunchaku, défilés de boobs et de culs filmés en grands angle, violence gratuite, méchants complètement improbables (dont une tête parlante conservée dans du formol), Crank 2 est un véritable défilé de trucs complètement régressifs et improbables tous plus (a ma grande honte) jouissifs de mauvais goûts les uns que les autres. Noyé dans une imagerie provenant de la sous-culture des 80’s  a base de jeu vidéo a trois pixels, de fascination d’ado pour le milieu du crime post-Scarface, de gunfight post HK,  de porn stars (Ron Jeremy aux cotés de quelques unes des figures de l’industrie US récente, comme Jenna Haze ou Lexington Steele) ou de Kaiju Eiga, Crank 2 enchaine les scènes les plus stupides en un minimum de temps – alors que n’importe qu’elle bouse aujourd’hui se traine pompeusement sur plus de deux heures et quelques – avec un entrain qui fait plaisir a voir, surtout que le tout est relevé par de nombreux cameo parfois hilarants, dont celui de David Carradine en chef centenaire des triades mais toujours fringuant pour s’envoyer quelques femmes de petites vertus ou Baï Ling en pute hystérique. Donc adepte de portnawak non-sensique, vous savez ce qu’il vous reste a faire !

La Pan/Escape/Mad Team en pleine action !

La Pan/Escape/Mad Team en pleine action sur le lac de Neuchâtel !

Voilà, c’était mon compte rendu de ce festival. Mais celui ci ne pouvait se terminer sans celui – nettement plus court – du festival off, pendant lequel nous (Fab, Aurélien, Léo, Christophe, Romain et oim) nous sommes gavés de trucs improbables. Des films, comme Super Inframan, Bhoots, Deathless Devil, Anchorman, Hercule contre les Vampires et la Clinique Sanglante (aka: les insatisfaites poupées érotiques du Dr Hitchcock) devant les traditionnels bière/pizza dans une bonne humeur enthousiasmante et généralement jusqu’a la levée du jour, mais aussi des spaghetti « carottara » (Merci Léo pour ce savoureux met:mrgreen: ). Rendez vous est donc pris pour Gerardmer 2010 les amis* !

Un autre contrendu concocté avec amour par Adinaeros est dispo ici !

* Traduire par bande de grosses tapettes à fag.

10 commentaires leave one →
  1. 14 juillet 2009 20:38

    Chouette compte rendu!
    Même si c’était surement pas le film le plus représentatif du festival, ta chronique de Crank 2 est des plus savoureuses.
    « avec l’espoir de faire des brochettes avec les couilles des enculés qui lui ont fait ça ».
    Rien que pour ça…^^

  2. obs permalink
    14 juillet 2009 21:03

    Ordure !
    Fassiste !

    Nan en fait ton blog est très sympa et le compte-rendu est bien mais c’est en partie à cause de ton avis positif que je me suis infligé Vertige, tu seras réincarné en boulon ça t’apprendra.

    Nazi !

  3. ygrael permalink*
    14 juillet 2009 21:23

    Le pire c’est que j’ai revu mon appréciation a la baisse:mrgreen:. A la relecture, je me suis dit qu’il y avait bien trop de superlatifs inutiles pour un film comme Vertige. Faut toujours attendre 2, 3 jours avant de lire mes billets, le temps que je corrige une certaine propension a en faire un peu trop sur certains films (ou flims c’est selon). Perso j’en garde un bon souvenir mais sans plus, mais j’ai un peu l’impression que tu as trouvé ton Mutant(s) a toi non !?

    (en boulon c’est cool, tant que ce n’est pas en accessoire sur le tournage d’un éventuel Mutant(s) 2, ça me va)

  4. obs permalink
    14 juillet 2009 22:20

    C’est tout à fait ça, c’est mon mutants à moi, je vais harceler le moindre fan jusque dans ses chiottes.

    Finalement les festivals, c’est comme la prison, ça ne se raconte pas, ce qui s’y passe doit y rester.

  5. ygrael permalink*
    14 juillet 2009 22:42

    – C’est tout à fait ça, c’est mon mutants à moi, je vais harceler le moindre fan jusque dans ses chiottes. –

    Je crois que tes partie de chasse vont être d’un ennuie ! Parce que va falloir te démener pour en trouver, des « fans » de Vertige😆 !

  6. fabe68 permalink
    15 juillet 2009 15:50

    bravo pour ton report, rien n’a été oublié.

    concernant Electrical Girl , les responsables de cette aberration ont récidivés (du moins l’actrice principale!)

    Les titres des films montrent l’ampleur des dégâts:
    Sex and The Central
    Seductive Love
    To Seduce an Enemy
    Naked Twins
    The Peeper’s Story 1&2
    Quest of the Sex…

    Le cat3 est aujourd’hui largement essouflé est rare prods actuels sont d’une grande médiocrité.

    Reste quelques films bien barrés dont voici une petite liste sur ce lien:
    http://www.cinemasie.com/fr/listefilms/?pays=1&crit=1&annee=&section=&lettre=&genre=15&critere=moy%20DESC&type=1&pre=

  7. fabe68 permalink
    15 juillet 2009 18:35

    un dossier spécial catégorie 3 sur HK Mania (âmes sensibles…)

    http://cine-hk.chez-alice.fr/Hkcine/SITE/DOSSIERS/categorie-III/sommaire-cat3.htm

  8. duncan permalink
    15 juillet 2009 21:19

    du bon boulot ma fiotte. Et l’an prochain, pas question que je laisse de nouveau DJ avec une meute de geeks friands de bouzes turques

  9. ygrael permalink*
    17 juillet 2009 20:23

    Merci Fab pour les liens et Duncan, l’année prochaine, toi aussi t’en mangera du Kebab movies !!!:mrgreen:

  10. duncan permalink
    20 juillet 2009 20:16

    non j’t’explique. Y a une règle d’alternance. Une année, ce sont les madnautes qui choisissent les dividi, une année ce sont les paniniens. Pour l’année prochaine, on a choisi une rétro jacques demy + le Dividi collector de REPO THE GENETIC OPERA. Du sur mesure ma chniotte.

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