Skip to content

Jusqu’en Enfer

6 juin 2009

drag_me_to_hell_01

Drag me to Hell de Sam Raimi. USA/2009.

2009_drag_me_to_hell_003Hors donc, c’est après le succès cosmo-galactique de ces Spiderman que Raimi revient a ces premiers amours, le film fantastico-horrifique, un retour au genre venant quasiment 10 ans après le beau The Gift, œuvre méconnu qui troquait la comédie horrifique exubérante des Evil Dead pour une chronique mélancolique et intimiste d’un bled paumé du sud des USA. Attendu comme le messie par les addicts de la trilogie des cadavéreux Jusqu’en Enfer, s’il est bien une œuvre horrifique plus proche des attentes que pouvait l’être The Gift, ne marque pas le retour de Raimi dans le sillage sanglant laissé par la mythique trilogie. Christine Brown (Alison Lohman) s’occupe des crédits immobiliers dans une grande agence, la jeune femme postulant pour une importante promotion voit arriver une Bohémienne, Mrs. Ganush (Lorna Raver), implorant de lui accorder un délai pour le remboursement de son crédit. Partagé entre la compassion pour la vieille femme et son désir de monter a son patron sa capacité a prendre des décisions difficiles, Christine décide de refuser la demande. Mrs. Ganush se jette sur elle avant d’être jeté hors de la banque. En regagnant sa voiture, Christine est attaqué par la vieille Bohémienne qui, au bout d’une violente bagarre, fini par saisir un bouton de manchette et prononce quelques mots.  Christine troublé par cet incident va, contre l’avis de son petit ami, consulter un voyant qui lui révèle l’horrible vérité: Christine est victime d’un sortilège lancé par la vieille femme. Dans trois jours un démon nommé le Lamia qui, après l’avoir tourmenté, viendra la chercher pour la conduire en Enfer !

night of the demon

Sur une trame très simple, Jusqu’en Enfer décrit le calvaire de Christine cherchant désespérément le moyen de contrer la malédiction de la vieille gitane et le fait en invoquant une portion de l’imagerie du cinéma fantastique, une habitude chez Raimi qui a souvent cité les grands classiques de l’âge d’or dans une partie de sa filmographie. On voit donc la réapparition de la figure de la Bohémienne, souvent associée pendant les années 30 et 40 au Loup Garou ou au monstre de Frankenstein, même si celle ci est nettement plus hargneuse que celles des productions Universal, une résurgence d’une imagerie gothique que l’on peut retrouver dans de multiples scènes ou se mêle baraques en ruine, démon cornu ou forêt de tombes formant le cimetière d’une des scènes de fin. Par sa trame général Jusqu’en Enfer se situe dans le sillage de Rendez-vous avec la Peur (Night of the Demon) réalisé par Jacques Tourneur en 1957 qui narrait l’histoire d’un professeur tentant lui aussi de se défaire d’un démon lancé a ces trousses. Les deux films ont un certain nombre de points communs mais là ou Tourneur se servait avant tout d’effets sonore ou vlcsnap-339851de procédés de mises en scène pour suggérer la présence de forces occultes, Raimi utilise des moyens nettement plus graphique pour visualiser les tourments infligés a Christine par le démon. Là ou Rendez-vous avec la Peur est un thriller occulte distillant son angoisse par différentes touches atmosphérique, Jusqu’en Enfer est un roller coaster ultra nerveux utilisant toute une batterie d’effets électrisants magnifié par la puissance de feu de la caméra de Raimi, faisant de son petit dernier le film fantastique le plus brutal de ces dernières années. Les premières scènes posent la situation, avec une limpidité qui force le respect, en exposant clairement les motivations de Christine et les différents enjeux. Mais là ou d’autre en aurait fait une détestable petite arriviste, Raimi se montre plus retors, voir même assez sadique, puisqu’aucune peines ou douleurs ne lui sera épargné – dans la grande tradition du héros « Raimien » qui s’en prend généralement plein la tronche – tout en montrant que sa vénalité n’est conditionné que par la pression d’un environnement social et non par arrivisme belliqueux, une nuance qui rappel que Jusqu’en Enfer est motivé par un propos – et je n’ai pas dit un discourt – a tendance social. Et pour le coup la pauvre Christine en prend vraiment pour son grade ! Si la promesse de promotion lui donne quelques airs de supériorité, le reste du métrage l’enfonce dans des abîmes d’humiliation physique ou psychologique.

Panorama

Le mécanisme central de Jusqu’en Enfer repose sur une progression dramatique en crescendo misant sur l’empathie du spectateur vis a vis de Christine, au fur et a mesure du déroulement de la malédiction et de la découverte de sa personnalité et de ces faiblesses. Elle cache comme un secret honteux ces origines, doit subir des humiliations quotidiennes ou les aprioris de la mère de son petit ami, qui semble d’ailleurs être son seul contact avec la société. Une solitude qu’accentuera la malédiction et les attaques du Lamia, toujours plus violentes et souvent situés a des moments clé de l’existence de l’héroïne (le diner chez les parents du petit ami, c’est après avoir réussi a se faire accepter par l’acariâtre mère que le Lamia fera passer Christine pour une dingue ), creusant ainsi le fossé entre elle et le reste du monde. Christine va se débarrasser de toutes ces propriétés dans le but de les vendre afin de se payer les services d’un médium susceptible de la débarrasser du Lamia, se faisant elle s’efface d’elle même de la mémoire des vivants en vendant jusqu’a ces souvenir d’enfance. Une progression psychologique dans la douleur que Raimi juxtapose sur une série de scènes parfois un peu ratées mais toujours réellement jouissives dans la cruauté, tout en drag-me-to-helldéveloppant un imaginaire fantastique que je croyais relégué aux archives par la récente vague de torture flicks (les séries des Saw ou Hostel) et une efficacité virtuose toujours accompagné d’un humour noir fracassant. Si on peine pour la pauvre Christine lors de la scène de frittage avec la Bohémienne dans le garage en sous sol, impossible de ne pas trouver cet affrontement presque hilarant par les proportions excessives et l’humour qui s’en dégage. Une dimension que l’on retrouve dans pas mal de scènes ; celle de l’exorcisme pendant laquelle les esprits de morts non invoqués s’invitent et ou le Lamia s’incarne dans un bouc – qui se met a parler et a proférer des insanités – et dans un servant, devenant un possédé se lançant dans une gigue infernal en apesanteur (clin d’œil un peu trop appuyé a Evil Dead 2) ; l’attaque du fantôme de la Bohémienne qui se prend une enclume en pleine tête avant d’éjecter ces yeux sur la pauvre Christine, qui aura auparavant sacrifié son chat en espérant sustenter l’appétit d’âmes du démon. Raimi retrouve ici la liberté artistique qu’il avait quelques peu perdu dans les concessions de Spiderman 3 (film que j’adore au demeurant) et nous colle la tronche dans de purs moments de ciné horrifique ou sa maestria fait une nouvelle fois merveille. Je retiens celle de l’attaque de la Bohémienne, celle ou l’ombre du Lamia agresse Christine dans sa maison et surtout celle du cimetière, a la croisée graphique du dessin animé et du ciné d’horreur, réellement anthologique par l’extraordinaire choix des cadres et des mouvements d’appareils magnifiant un design de toute beauté. Jusqu’en Enfer est un retour plus que réussit de Raimi au ciné horrifique ayant fait sa réputation, une œuvre profitant des immenses progrès de son réalisateur dans la direction d’acteurs (toutes et tous vraiment excellents), un film sans concession qui nous dispensera de l’habituel retournement de situation final. Pas de happy-end ici, Jusqu’en Enfer se termine par un plan final sur le visage de Justin Long, dévasté par un sentiment de désolation et possesseur de la seule et unique chose rappelant que Christine est jamais existé: un bouton.

Bon Sam, vu que t’es pas trop mauvais dans le genre super héroique et le film fantastique, y a moyen de nous pondre un jour une adaptation d’Etrigan The Demon de Kirby et/ou du Dr. Strange de Ditko ?

5 commentaires leave one →
  1. 7 juin 2009 11:23

    Ah ben voilà une review où je me retrouve pas mal !
    Le plan final m’a aussi bien marqué.

    (J’aurais mieux d’aller revoir ce Raimi, plutôt que de m’infliger T4… :/)

  2. ygrael permalink*
    7 juin 2009 17:25

    :mrgreen:

    Pour te laver les yeux, je n’ai qu’un seul conseil…

    va le revoir !

  3. Hutch permalink
    8 juin 2009 08:36

    ah ouais, j’ai aussi pensé au Doc Strange (tout le décorum de l’exorcisme) et au Démon (la malédiction dans un environnement urbain), effectivement…

  4. 2 août 2009 20:19

    lol j’ai vu le film il fait flippé a un moment les scènes brusques xd

  5. antoine anais permalink
    27 décembre 2009 11:52

    il et trop dé man se film je l’est vue 3 foit et vous faite de sacrée bon

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :