Skip to content

Gerardmer 2009

2 février 2009

gerardmer_2009

Rentré il y a quelques heures et on ne peut pas dire que cette édition se soit distingué par l’excellence de sa programmation. Je passe (pour l’instant) sur Morse qui est sans conteste possible le meilleur film du festival mais surtout, parce que jusque là ce n’est pas un bien grand exploit, un des meilleurs films fantastiques des 2000’s de par l’intelligence du propos et la sobriété de la réal. Une grosse claque, une charge émotionnel intense et une énorme envie de chialer retenue pour ne pas ressembler a une fontaine vivante.

morse

Mais le reste n’était juste pas du même niveau…

Dans le registre des péliculas sympatichoux on notera Splinter, un film de monstres très classique pas spécialement transcendant mais néanmoins agréable, mélange de suspense, truffées de détails bien gores et de quelques instants de comédie … ben en fait assez gore eux mêmes (style l’amputation d’un bras au cutter et aux parpaing). Plutôt bien troussé Splinter a pour lui un réal ne sacrifiant pas le rythme de son métrage a l’ambiance – quasiment un des rares de ce festival avant tout marqué par une série d’œuvre allant du simplement rébarbatif a un abime d’ennui sans fond – et surtout conscient de ne réaliser qu’une simple série B dénué de toutes autres prétentions que celle de divertir. The Burrowers est une intéressante tentative de mélanger western et film de monstres malheureusement plombé par un rythme défaillant et des personnages parfois trop caricaturaux. Dommage car le potentiel de cette rencontre cowboys vs. Tremors aurait pu donner un résultat autrement captivant, on se consolera un peu en profitant de la présence charismatique du trop rare Clancy Brown. Sauna est un film lui aussi intéressant, lui aussi freiné par un rythme lymphatique qui, s’il colle au style austère et quelques peu hermétique, ne semble vraiment se justifier que par le vide de contenue du propos d’un réal se reposant essentiellement sur un pur casting de tronches, d’une atmosphère parfois proche de Stalker et un scope intéressant qui magnifie des paysages lugubres et inquiétants. Le Cronenbergien Grace souffre des mêmes tares auxquels s’ajoute un dernier tiers totalement a l’ouest, dommage car l’actrice principal (la très tichoux Jordan Ladd) se fend d’une belle composition et est parfaitement crédible dans le rôle de cette mère progressivement plongé dans l’enfer d’une maternité contre nature.

mmt

Ça descend encore d’un cran avec Deadgirl qui s’offre un pitch vaguement crapoteux qui aurait pu être mais se vautre par la caractérisation outrancière de tout ces personnages, une belle bande de taches allant du « héros » – une petite merde cachant sa lâcheté derrière l’apparence du pauvre petit djeun’s souffrant d’un vague spleen existentiel – a toute une galerie d’étrons humain ou se mêle looser patenté, sportif bovin et pétasse de collège, tous aussi détestables les uns que les autres. Deadgirl devient vraiment pathétique par son final ultra prévisible et sa tentative de justification des actes de ces personnages au travers d’un vague motif sociologique. On creuse encore un peu le fond avec Manhunt, un survival über-prévisible dont les ressorts ont, a l’instar de cette grosse vague de fatigue qu’est Cold Prey, largement été balisés par 3967 productions semblables. Rien de neuf dans ces œuvres ennuyeuses et répétitives qui ne sont a peine regardables que grâce a leur bonne facture technique. Midnight Meat Train était un grand attendu du festival, s’il faut reconnaître ici que Kitamura réalise ce qui est sans doute son meilleur film – dans lequel j’avoue ne pas m’être emmerdé une seule seconde – on ne peut pas dire honnêtement que le réalisateur de Versus exploite pleinement les monstrueuses possibilités du pitch. Kitamura sacrifie largement tout le potentiel glauque de la nouvelle de Barker sur l’autel d’un grand guignol de fêtes foraines qui, s’il fera sans doute plaisir au viandeux qui est en chacun de nous, a la fâcheuse tendance de rendre inoffensive la violence d’un film totalement dénué d’aspects subversifs, de sentiment d’oppression (un comble pour un sujet pareil) ou tout simplement d’une quelconque implication du spectateur. Pas vraiment aidé par un casting de moules frites sur lequel surnage largement un Vinnie Jones monstrueux de charisme, Midnight Meat Train est en outre pourrit par des CGI médiocres qui tendent a l’éloigner encore davantage du spectacle viscéral qu’il aurait du être. Dommage, vraiment dommage.

012908_bad_biology_final-1

Puis on quitte le monde de la normalité pour aller vers un autre ailleurs, une galaxie ou les notions de bon goûts ont été bannis et les concepts de normalité abolies (ou plus précisément balancés dans l’anus véreux d’une vache atteinte d’encéphalopathie spongiforme bovine). Franck Henenlotter (59 ans au compteur) signe un come back fracassant avec son Bad Biology, l’histoire édifiante d’une nympho pourvut d’une grappe de clitoris en quête de l’étalon qui sera la faire monter au septième ciel, qui trouvera dans l'(mal)heureux possesseur d’une bite de cheval – pourvu de conscience – la concrétisation de son fantasme …sauf que l’énorme teub se fera la malle pour aller niquer tout ce qui bouge, au grand dam de son propriétaire. Putes explosé a la dynamite, mutant phallique ou violeur, le cinéma marginal d’Henenlotter a toujours été très au delà de la limite du conformisme et Bad Biology ne fait pas exception a la règle. Personnages déviants, langage ordurier, punchlines de folie (je vais te tabasser la chatte), scènes crevant souvent (toujours ?) l’abcès du politiquement correct et de la bienséance, Bad Biology enquille des scènes de cul hilarantes au mauvais goût outrancier et se paye en loucedé l’image de la performance sexuelle en faisant de ces personnages principaux des déviants asociaux totalement addict et condamnés a alimenter leurs dévorants appétits. Filmé avec les pieds, photo a la truelle particulièrement hideuse, décors et CGI digne d’une PS2 ne cachant jamais la pauvreté du budget et musique a base de mélange de métal en carton et des recettes du « Broadway style » Repo, A Genetic Opera n’as pas grand-chose pour lui et j’avoue que la séance a été une vrai torture mais le caractère réellement « autre » de ce film tout a fait singulier sera sans aucun doute trouver au fil du temps son publique (j’en connais déjà trois :D).

Et là on passe a ce que l’on – le petit groupe d’internautes dont je faisais partis – avait appelé la trilogie de la merde (ou un truc dans le genre). On commence par le minable The Lost, sorte de chronique d’un petit bled des States qui a pour personnage principal un ado/tueur complètement grotesque. C’est moche, affreusement chiant et j’aurais beaucoup de mal a en dire plus étant donné qu’il n’en restait quasiment plus rien au bout de seulement deux jours. On continue avec The Long Week End de cette grosse tache de Jaimie Blank, un gros pensum pathétique et ridicule se targuant d’un propos écolo a peu près aussi léger qu’un Kebab frites/mayo/Ketchup/fromage/sauce blanche/Harissa/piments/lardons/saucisse fumée/rillettes/jambon. Le film se vautre dans un tel amoncellement de clichés grotesques qu’il en devient vraiment hilarant (en groupe hein parce que tout seul ça doit sans doute être juste horrible) et on peine a trouver quelques chose a sauver de ce truc pitoyable (hormis le dugon qui devient involontairement LE running gag du film) ou c’est compromit Cazaviel, ici en roue libre et qui c’est pour l’occasion transformé en Eric Roberts. Les dialogues hallucinants de prétentions finissent par achever un métrage que rien, sinon une photo de belle facture, ne sauve et l’on aurait presque trouvé le pire film du festival si Mutants ne s’était pas de lui-même imposé sur le trône de la plus grosse purge du festival (de l’année ?), laissant ces prétendants loin, si loin derrière. Difficile juste d’imaginer que cette chose, ce machin est put être imaginé, écrit, produit et surtout filmé. Si d’une manière général Frontière et Ils se sont imposés avec le temps comme des sommets de médiocrités involontaires, des modèles de ce qu’ils ne faut pas faire (et même si la connerie de Frontière m’avait bien éclaté) Mutants les déchires tous haut la main par l’incompétence flagrante du réal et le vide absolu de propos du scénario. C’est simple il n’y a rien a sauver: photo et cadrage dégueu affolant de médiocrité, acteurs et actrices incroyablement mauvais (ça fait vraiment de la peine pour Hélène de Fougerolles qui c’est fourvoyé dans cette sinistre pantalonnade) et scénario minable. Je ne sais vraiment pas ce qu’il y a de pire dans cette étron qui semble se gargariser d’une caractérisation particulièrement surligné de ces perso (-Salut moi c’est Franck… Un café deux sucres ! Nan mais au secours quoi). Comme si ce n’était pas déjà assez grave comme ça a filmer du vide intersidéral, le réal rallonge encore la sauce avec deux semi remorques d’effets pompiers et pompeux cherchant l’émotion là ou ne règne qu’un gouffre cosmique d’une médiocrité crasse, Mutants c’est juste une honte qui aligne les clichés avec une fierté simplement hors de propos et l’on se demande quand les jeunes réals français voulant œuvrer dans l’horreur vont enfin avoir quelques choses a raconter et surtout aurons compris que, hormis les quelques personnes qui vont avoir le mauvais goût de soutenir cette ignoble merde, ça n’intéresse personne, que le fantastique ça se résume a autre choses qu’a de grosses œillades gorasses fait au seul publique du genre et que des films comme Mutants le discrédite très largement. Encore quelques « œuvres » du même acabit et clairement plus personne ne voudra mettre du pognon dans des productions du genre. Ni allez pas, ne claquer pas 8 a 10 euros pour ce film, faite vous plaisir en allant voir autre chose, NI ALLER PAS !

Donc voilà c’était le contre rendu du Festival tel que je l’ai vécu. J’en profite pour faire de grosses bises (rien de crypto gay hein) a Aurélien « les lipides sont mes amis« , Christophe « Oh connasse comment ça tabasse ça chatte« , Laurent « The Lost Week End » et Léo « Vinnie Jones Rules » de m’avoir supporté (dur travail je sais) pendant ce séjour.

A la prochaine les gars !

17 commentaires leave one →
  1. 3 février 2009 10:18

    Putain ce qu’il reste de moi c’est que je mange comme un porc…la loose ^^

    Bon résumé ^^

    Moi j’en ai fait une version light sur mon site….mais apres je vais faire un vrai gros pavé avec les détails funs ^^

  2. ygrael permalink
    3 février 2009 11:49

    Comment que je suis un gros loser, j’ai déjà oublié The Stangers (bon d’un autre coté…) et j’ai pas parlé de Los Cronocrimenes. Au sujet de ton résumé je te retourne le compliment et j’en attend avec impatience la version « extend ».

    @+

    Edit: Je t’ai toujours vu manger ton Kebab/frites/Fromage/Mayo (par ex) dans la plus grande dignité et je n’aurais même pas osé suggérer que tu mangeais comme un porc, et puis bon t’étais pas seul a te taper des tagliatelles au mont d’or😀

  3. 3 février 2009 12:06

    Et ben, ça console pas mal le fait de pas y être allé !🙂

    Pour Mutants j’irai presque jusqu’à dire que c’était prévisible (j’y ai jamais vraiment cru), mais ça fait bien chier quand même. Et pour Hélène de Fougerolles, ça fait peut-être de la peine, mais l’as-tu déjà trouvé bonne actrice quelque part ?😉

    Très impatient de découvrir Morse par contre, et dans une moindre mesure Midnight Meat Train !

  4. Blunt permalink
    3 février 2009 13:58

    Juste une petite erreur dans ton papier, l’actrice principale de Grace c’est Jordan Ladd😉

  5. ygrael permalink
    3 février 2009 20:57

    Oops !

    Erreur rectifiée, merci de me l’avoir signalée !

    Ça me fait penser qu’en plus de The Strangers et Los Cronocrimenes je n’ai même pas dit un mot sur Hamburger Film Sandwich et La 4e Dimension😦

    (Quelle mémoire de merde)

    Beat Kiyoshi –> En fait c’est pas trop que De Fougerolles me troue l’oignon en tant qu’actrice mais je l’avais trouvé plutôt bien dans le Péril Jeune ou Innocence et, tout simplement sans la connaitre même de loin, je l’a trouve plutôt sympa et je ne pense pas que sa carrière méritait ça !

  6. 5 février 2009 11:54

    C’est vrai qu’elles étaient bonnes ces tagliatelles😉

    Je devrais pondre la version extanded today, je mettrai le lien ici🙂

    bon et sinon quand est ce que tu fais un gerardmer 2/2 avec Morse en VL + the strangers + Los cronocrimenes et la retro Landis ?

  7. ygrael permalink
    5 février 2009 21:22

    Je vais essayer de pondre la suite ce WE (même si je ne sais toujours pas si Morse aura un article a part ou non).

    EDIT: Super sympa ton report sur le forum de Panini, je collerais les liens dans l’article suivant !

  8. Cfury permalink
    6 février 2009 18:45

    Mouhahahahah!!!

    Et dire que tu m’as soudoyé pour que je vienne! Ah, ah, mais j’ai vu clair dans ton jeu!

    Mouhahahahah!!!

  9. ygrael permalink
    6 février 2009 20:45

    Ts ts ts… En zieutant les archives des chat d’Escape (le jour ou j’ai capté qu’il y en avait un en fait) j’ai compris LA VRAI RAISON de ton refus mais je n’ose en parler comme ça, en publique…

    …alors comme ça Monsieur a du mal a chier ailleurs que chez lui hein !!!:mrgreen:

    Mais en fait la question de la qualité des films est presque secondaire, l’important c’est de parler cinoche et d’avoir du fun et honnêtement on a large été servis par la programmation et la foncière bonne humeur de notre petite bande😉

  10. Cfury permalink
    6 février 2009 21:54

    (salaud)

    Non mais sinon je déconne, j’aurai adoré vous accompagner surtout pour voir des navets:mrgreen:

    Par contre c’est sûr j’aurai été emmerdé pour faire caca

  11. ygrael permalink*
    7 février 2009 02:14

    Nan mais je sais que tu déconne mon lapin😉

    La seule réaction que j’aurais, comme ça a chaud, c’est que Mutants – quand tu ne t’y attend pas – sur grand écran c’est tout de même assez étrange. C’est un peu comme si tu venais de dire, en matant Zombie 3 ou Killing birds, putain ça doit être juste énorme sur grand écran avec une salle acquise a la cause d’un grand nanar et que tout d’un coup tu réalise que c’est en train de se passer devant toi, a l’instant. C’ est juste énorme comme sensation, un truc de ouf que tu vie qu’une fois dans ta life. Tu viens de voir un truc qui dépasse l’entendement qui fraye avec le cosmos inter galactique du navet qui schlingue le caca le plus ultime qui soit (ça se sent un peu que je suis pas tout frais là non:mrgreen: ) et tu te dis « bon sens je viens de réaliser le rêve ultime d’un grand nombre de cinéphiles de monde entier de ce coté de la planète, je viens de me taper une des plus grosses purges de toutes ma vie et le tout en rigolant comme le dernier des saligaud, et ceux tout en discrétion malgré les remontrances de la personne devant moi qui m’a gentiment « invité a quitter la salle si je n’aimais pas ». T’as rater une expérience de ouf qui valait bien toutes les constipations de la création.

    (putain comment que ça avoine la Trois Monts :aie: )

  12. Cfury permalink
    7 février 2009 09:30

    (t’es con):mrgreen:

  13. ygrael permalink
    7 février 2009 15:21

    Wouai je sais😎

  14. Duncan permalink
    7 février 2009 22:26

    ça, c’est du compte rendu

  15. ygrael permalink
    7 février 2009 22:40

    Bienvenue chez oim Duncan, la suite de l’article arrive sous peu !

  16. ODB permalink
    16 février 2009 17:31

    C’est pas pour dire mais en 15 commentaires j’ai repéré au moins 3 promesses non tenues… C’est pas sérieux. Et j’en profite pour te dire que tes doigts ont encore rippé à la troisième occurrence du titre de mon film préféré du festival (je te laisse chercher). La dyslexie ca fait vraiment de la peine😀

  17. ygrael permalink
    16 février 2009 19:37

    C’est vraiment trop injuste !

    Toutes les promesses non tenues ne sont pas les miennes, et pour me justifier je citerais un de nos plus grands hommes d’état(ou d’étang), sinon le plus grand :

    « Sache mon petit Nicolas eeehhh que les promesses tenues ne concernent que ceux qui y croient »

    Jacques C.

    Et puis la faute sur Bad Biology c’est pas la dyslexie mais de la simple étourderie, nuance:mrgreen:

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :