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Peter Ibbetson

18 janvier 2009

d’ Henry Hathaway. USA/1935.

Peter Ibbetson est une jeune homme marqué par un traumatisme subit pendant l’enfance: la mort de sa mère et sa séparation d’avec la petite Mimsey pour laquelle il entretenait plus que de la simple affection. Devenu un architecte talentueux Peter est envoyé dans la propriété d’un lord anglais qui a pour épouse une femme dans laquelle il reconnaît Mimsey. L’un et l’autre se rapprochent sous les yeux du Duc qui, exaspéré par la situation, leurs ordonnent de ne plus se voir. Une dispute éclate et le Duc est accidentellement tué  par Peter qui est jugé et emprisonné a vie. Mais grâce a ces rêves, Peter s’évade et rejoins Mimsey.

D’Hathaway on n’attend pas forcement une œuvre comme Peter Ibbetson. Plutôt réalisateur de films « d’homme » Hathaway c’est fait connaître pour ces excellents films noir (Appelez nord 777, Le Carrefour de la Mort, L’impasse Tragique, Niagara ou La Maison de la 92e rue), des westerns dont certains compte parmi ce que l’on peut trouver de mieux dans le genre (Le Jardin du Diable) ou des films d’aventures assez inégaux (Les 3 lanciers du Bengale, Prince Valiant ou La Rose Noir). Se traînant une réputation (apparemment avéré) de dictateur Hathaway connu un sort identique a celui de Robert Wise ou Richard Fleisher, la non reconnaissance critique d’une œuvre éclectique que l’on doit a un réalisateur avant tout préoccupé par la technique, un caractériel très éloigné de l’image de yes man que se cogne une bonne partie des réalisateurs de cette époque. Ce qui frappe d’entré dans Peter Ibbetson c’est son absolu liberté vis a vis des différents genres populaires de l’époque, nous sommes au milieu des 30’s et les écrans de cinéma diffusent en masse des films de gangsters, de monstres et tout un tas de comédie musicales produites a fin de profiter du lancement du parlant et du contre coup de la crise de 29. Peter Ibbetson se divise en trois partie distinct, la première rapporte l’enfance de Peter dans le cadre idyllique, voir quasi féerique, de la maison parisienne de sa mère avant la mort de celle ci, la deuxième l’existence solitaire du jeune homme envahit par le spleen de celui qui n’as pas pu, ou voulu, oublier les souffrances de l’enfance et qui retrouvera l’amour avant que cela ne se termine tragiquement et enfin la dernière partie qui concerne l’emprisonnement de Peter et son évasion, grâce a ces rêves dans lesquels il retrouvera Mimsey dans un monde imaginaire.

Sans cette troisième partie le scénario ne serait rien d’autre qu’un simple postulat destiné a fournir la charpente nécessaire d’un drame sentimental plus classique. Dès les premières images du générique, Hathaway installe un authentique climat d’onirisme grâce a de judicieux choix de mise en scènes et de découpage de l’espace, un contraste plutôt saisissant quand on voit qu’il ne s’agit en fait que de quelques plans tournés dans un quelconque sous bois et qu’Hathaway n’utilise ici aucun effets spéciaux afin d’obtenir ce résultat. Un onirisme qui ne quittera jamais l’écran et qui définira l’ambiance dans laquelle baigne entièrement Peter Ibbetson. Une ambiance que n’aurait sans doute pas renié Marcel Carmé ou Jean Cocteau, d’autant plus remarquable que, mis a part deux/trois plans, cet onirisme n’est dû qu’a une construction formelle virtuose ultra rigoureuse et au jeu romantique de Gary Cooper et Ann Harding, tout deux d’une grande justesse et d’une infinie délicatesse. Hathaway bâti un univers poétiques dans des décors réalistes – naturels ou non – créant ainsi un décalage entre le décorum et la tonalité voulu par Hathaway, renforçant l’aspect fantastique de l’œuvre et ceux  même pendant les scènes les plus anodines tout en laissant au spectateur la libre interprétation sur le réalité de l’évasion d’Ibbetson (a-t-il vraiment rejoint Mimsey en rêve ou s’agit il de la fuite d’une réalité trop dure). Cette œuvre atypique dans la filmo d’Hathaway – qui n’hésitait pas a déclarer qu’il était son film préféré –  est sans doute une des rares œuvres a toucher de près la substance même du rêve, du songe et reste une illustration magnifique de l’amour dans ce qu’il a de plus fou, celui qui permet de s’affranchir des murs sombres et oppressant de la réalité ou de vaincre la mort elle même. Tout simplement Peter Ibbetson est un des plus beaux films qu’il soit donné de voir !

2 commentaires leave one →
  1. Cfury permalink
    19 janvier 2009 19:31

    Ah oui d’accord, c’est pour que je l’achète en double c’est ça? ^^

  2. ygrael permalink
    20 janvier 2009 14:55

    Oui c’est du teasing ultra ciblé dans le but de te faire acheter un film d’Hathaway (pour un Sturges qui sera bientôt mien, c’est de bonne guerre je trouve ^^).

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