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Hellboy 2 : Suck My Ectoplasmic Schwanzstucker!

11 novembre 2008

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Abandonnant l’univers lovecraftien du premier épisode, Del Toro déplace les aventures d’Anung Un Rama dans la cosmogonie des mythes celtiques, prolongeant l’univers fantastique (et le bestiaire qui en découlait) de son précèdent chef d’œuvre, Le Labyrinthe de Pan, dans le réceptacle d’une œuvre nettement plus ludique. Hellboy doit empêcher le prince Elfe Nuada de reconstituer la couronne permettant de ressusciter l’Armée d’Or, une invincible force de destruction construite en des temps légendaire afin d’anéantir la race humaine. Mais la grosse pivoine rouge doit également gérer ces problèmes relationnel avec l’incendiaire Liz et faire face a son nouveau supérieur, le medium ectoplasmique Johan Krauss, pendant qu’Abe se découvre des sentiment amoureux devant la princesse Elfe Nuala, la sœur de Nuada. Si l’univers proposé est en rupture complète avec celui du précédent opus, sa tonalité en est elle le prolongement directe. Potache et cool Hellboy l’était déjà, Hellboy 2 l’est encore davantage. Del Toro ne s’est pas vraiment caché de l’admiration qu’il vouait a Men In Black et clairement le film de Barry Sonnenfeld est une des références majeur d’Hellboy 2, mais la où le bas blesse c’est qu’en l’état il s’agit plus de Men In Black 2 dont il s’agit ici. Les scènes comiques et les nombreuses punchlines de Ron Perlman sont toutes a peu près du niveau d’une blague de cul raconté par un chauffeur poids lourd ukrainien dans les derniers stades d’une cuite au mezcal et, beaucoup plus dommageable, sont gravement handicapées par un manque total d’une quelconque rythmique humoristique, qui les rendrait drôles, exception faite du « combat » qui oppose Krauss et Hellboy, sans doute le moment le plus fun du film. Le traitement du personnage de Tom Manning étant particulièrement révélateur de cet échec, celui-ci qui était a crever de rire dans le premier n’est ici qu’au mieux légèrement amusant au pire inexistant. A l’instar de l’humour, la relation Hellboy/Liz, déjà une des très mauvaise idée du premier, handicape sérieusement le déroulement de l’action, en gros on s’en fout comme de l’an 40, Del Toro manque totalement de nous impliquer dans cette relation pour le moins conflictuelle qui va gravement encrasser le rythme du métrage. Je ne m’étendrai pas sur le score d’Elfman, absolument catastrophique tellement celui-ci est a l’ouest. En bref le ressentit émotionnel s’en retrouve gravement amenuisé mais ce n’est au final pas si grave que cela puisque l’intérêt principal de cette suite est ailleurs.

Depuis Chronos Del Toro a toujours cultivé une vision radical du fantastique et de ces différentes mythologies tout en y apportant des obsessions personnels ainsi que des thématiques récurrentes. Chronos est une vision « matérialiste » du vampirisme traversée par l’idée de la corruption physique, une obsession pour les mécanismes – récurrente dans toute son œuvre – la symbolique ésotérique, les différences entres la monstruosité physique et mental et surtout LE grand thème du cinéma de Guillermo Del Toro, par celle de l’enfance solitaire. Mimic revisitait le film de monstre par le billet du fascination du monde d’en bas (ici les métros et égouts New Yorkais), de l’enfance (et de sa mort) et d’une foultitude de détails organiques (la merde des insectes qui pendouille des plafonds par exemple) généralement « évacué » des productions du genre. L’Échine du Diable fut une prolongation des thèmes abordés par Chronos – autant que l’évocation caché de l’enfance douloureuse de Del Toro – mais cette fois au travers du film de fantôme situé pendant la guerre civil espagnol tandis que Blade 2, tout produit de commande qu’il est, permis a Del Toro de se frotter au film d’action tout en l’investissant de ces thèmes préférés et de se livrer a un exercice d’alchimiste consistant a fusionner différents éléments de la culture populaire dans ce qu’elle a de plus vaste en un tout cohérent, réussissant a faire coexister dans un même métrage Murnau, Bava, Shakespeare et Kawajiri. Si réussit soit il Blade 2 ne fut qu’un laboratoire servant a l’élaboration d’un autre projet de Del Toro, l’adaptation du comics culte de Mike Mignola : Hellboy. Si Del Toro se servit explicitement d’un épisode en particulier – les germes de la destruction – pour son film il s’éloigna pourtant de l’ambiance mélancolique de l’œuvre de Mignola pour attirer a lui l’univers du démon en quête d’humanité et le remplir de sa personnalité, de ces thèmes récurrents et de ces idées quelques peu déviantes. Ainsi Hellboy devint un adolescent en quête de l’amour de Liz Sherman, une mutante au pouvoir littéralement incendiaire, en conflit avec son père adoptif – Brom Bruttenholm – et combattant son autre père symbolique Raspoutine, Kroenen devint une sorte d’horloge/zombie/nazi aussi muet qu’une carpe et mortel qu’un grand blanc mais plus que tout Hellboy fut une énorme déclaration d’amour aux monstres, qu’ils soit bon ou mauvais et a un univers fantastique fait de visions cosmiques lovecraftiennes, de créatures monstrueuses et de citées souterraines cachées sous un immense cimetière gothique enseveli sous la neige, le tout rythmé par l’humour bon enfant et quelques bastons destroy directement issues des comics book US. Une excellente adaptation seulement parasité par une fin trop vite expédiée – une des rares scènes ou les limites du budget se font sentir – et par quelques problème de rythme. Le Labyrinthe de Pan fut une véritable consécration. Présenté et superbement ignoré par le jury du festival de Cannes – présidé par un Wong Kar Wai dans les vapes – alors que le chef d’œuvre de Del Toro reçu la plus belle ovation de l’édition (22 minutes d’applaudissements non stop, respect) n’empêcha pas l’excellente carrière commercial du film et son énorme succès critique. Prolongeant les thèmes qui lui sont chers, Del Toro construisit un somptueux univers féerique référentiel – d’ou pointait les ombres de Jérôme Bosch, d’Hayao Miyazaki et d’Arthur Machen – autant qu’inquiétant dans le reflet donné a une réalité autrement plus monstrueusement, celle de l’extrême solitude d’une enfant dans l’horreur de la guerre civil espagnol.

Prévu pour être la deuxième partie d’une trilogie, Hellboy 2 s’éloigne des œuvres originelles – le premier film et le comics – et en profiter pour prolonger l’univers invoqué par Le Labyrinthe de Pan tout en le calquant sur le modèle de Blade 2. Le palais du roi Balor rappelle celui du roi elfique du précédent film de Del Toro, L’ange de la Mort est une résurgence évidente du Pale Man, la bataille qui sert d’ouverture rappelle par ces tonalités chromatique le prologue du Labyrinthe. Tout comme dans Blade 2 Del Toro propose une immersion total, débarrassé d’une quelconque représentation de la réalité et centré sur l’élaboration d’un univers foisonnant et magnifique qui n’as tout simplement pas d’équivalent (même si par moment on pense a Cabal de Clive Barker ou a Star Wars de Max Pécas) ou se croise les univers sombre de Giovanni Batista Piranesi, d’Arthur Rackham, de JRR Tolkien, Miyazaki, d’un folklore celtique ici complètement réinterprété, de Ray Harryhausen et Jim Henson. Le résultat est une suite scènes aux designs inspirés généralement accompagnées de bastons dantesques (la mort de Balor, le marché des Trolls, la résurrection de l’armée et le combat Hellboy/Nuada, le musée) avec comme point d’orgue le duel contre la divinité sylvestre, instant de pur bonheur graphique doublé du seul vrai moment d’émotion, dans l’agonie du dieu élémental et la réaction de Liz face a une foule d’humains effrayés par leurs protecteurs. On aura droit a une foultitude de décors puissamment évocateurs d’évasion, d’imaginaire, de mystères et de créatures parfois mortelles mais toujours magnifiques (le golem, Mr. Winck, l’ange de la mort,…), avec a leurs tête le couple tragique formé par le prince Nuada et sa sœur Nuala, Luke Goss et Anna Walton tout deux excellents. Bref de l’aventure, de l’action, du mystère et de l’imagination… Même si le résultat reste quelques peu bancal. Si la liaison entre Liz et Red est simplement insignifiante, le développement d’Abe Sapien est une petite réussite; drôle et parfois émouvant, son personnage réussi a provoquer une certaine émotion. Johan Krauss, fonctionnaire procédurier a l’accent germanique et antagoniste d’Hellboy est immédiatement plus attachant dans sa bizarrerie que pour une réel qualité d’écriture (mise a part une réplique, donnant son nom a cet article, ces dialogues sont tout aussi plats que ceux du reste du casting). Paradoxalement c’est la bonne humeur général du film qui joue en sa défaveur, jamais on ne ressent le parfum d’apocalypse sensé précéder la fin du monde mais ce qui aurai pu être un défaut majeur passe finalement au second plan parce qu’Hellboy 2 est blindée de scènes d’actions très bien emballées dans lesquelles Del Toro déploie assez de talent dans la maîtrise de ces cadres, de ces mouvements et raccords, de la gestion de l’espace et du temps (des ralentis toujours opportuns) pour se convaincre qu’il est aujourd’hui non seulement au dessus du panier mais tout simplement qu’il s’agit d’un des meilleurs réalisateur actuellement en activité, tout pays confondu.

Si tout un pan de la mythologie est ici évoqué et sert de base a l’histoire, l’autre grande influence d’Hellboy 2 sort tout droit des comics de la Marvel et en particulier Les Quatre Fantastiques dont on reconnais l’influence dans l’ambiance conflictuel du groupe, la description des vie privés de ces membres (une planche comme celle représentant Johnny Storm en train de faire chier Ben Grimm pendant que celui-ci se lave les dents était tout juste révolutionnaire a l’époque de son édition). On pourrait aussi citer les X-Men pour le rejet qu’ils suscitent devant la populace « humaine », incapable de comprendre que ces « monstres » sont aussi leurs protecteurs. Niveau baston c’est également vers la fin, celle opposant Hellboy et Krauss contre l’Armée d’Or qui constitue un bel hommage au cases crée par Stan Lee et Jack Kirby en plein milieu des années soixante. On y voit Hellboy bondissant de guerrier en guerrier tout en distribuant grosse patates et pralines monumentales en arrachant tête et bras pendant que Krauss, qui a pris possession d’un robot, démastique tout ce qui bouge. Une bien belle interaction qui fait d’Hellboy 2 une des meilleurs représentation filmé du genre avec Les Indestructibles et Spiderman 3… Juste dommage qu’en route Del Toro n’est pas pu rendre le tout plus émouvant, a lui donner plus de profondeur.

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