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Le Cuirassé Potemkine

6 septembre 2008

Honnêtement je n’avais pas prévu d’écrire sur le mythique Cuirassé Potemkine. L’idée de parler d’un film aussi célèbre, reconnu comme un sommet et dont le nom est profondément gravé dans le conscient cinéphillique (qu’il est été vu ou non) ne me serait même pas venu a l’esprit si, au hasard d’une journée de boulot et de zapping radio, je n’était pas tombé sur la « chronique » de l’édition Mk2 sortie il y a peu dans l’émission animée par cette tête de bite hystérique de Laurent R…… . Après ces quelques minutes d’incompétence crasse et d’inculture patenté « a ouais tout de même » me suis-je dis dans un monologue intérieur dont la profondeur ne vous aura pas échappé, hallucinant de constater une telle ignorance et un tel mépris de la part de gens « censés » être cultivés. C’est par réaction envers ces quelques minutes de pure connerie que je me suis finalement décidé d’écrire ce modeste article sur un film que j’adore (vous m’excuserez de passer sur certaines choses mais je n’ai hélas pas les connaissance pour écrire un article « complet »). L’article original se trouve ici.

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Bronenosets Potyomkin de Serguei Eisenstein. URSS/1925.

1905. Le mécontentement gronde sur le cuirassé Potemkine. En plus de supporter une discipline de fer et un inconfort de chaque instant, les marins découvrent que leurs nourriture est avariée, infectée par des vers. Le médecin du bord décide, sous l’œil dédaigneux du commandant et devant les marins, que cette viande est bonne a être consommé. Les marins refusant de la manger, le commandant et ces officier décide de fusiller quelques marins pour l’exemple. La mutinerie éclate. L’équipage tue les officiers mais Vakoulintchouk, le matelot ayant déclenché la révolte est tué. Le Potemkine se dirige vers Odessa pour y faire le plein de nourriture, de carburant et surtout pour y célébrer les funérailles de Vakoulintchouk. Son corps sans vie est déposé sous une modeste tente devant laquelle va défiler, au fur et a mesure de la journée, une bonne partie de la ville. Odessa et les insurgés vont faire cause commune contre les tyrans qui oppressent le peuple mais c’est a ce moment que les forces de répréhensions arrivent et font un massacre dans la population. En représailles les marins pilonnent le quartier général et apprennent par la suite qu’une flotte de bâtiments se dirigent vers eux et le Potemkine. Faisant face, les mutins se précipite au devant du danger et appelle leurs camarades a faire cause commune. Le Potemkine traversera la flotte sans encombre et partira, libre.

Débarrassez vous des a prioris liés aux films muets en général et a l’œuvre d’Eisenstein en particulier. Si la pléthore d’analyses mettant en avant le rôle essentiel d’Eisenstein dans l’évolution du langage cinématographique ont eu pour effet de mettre, a raison, le cinéaste russe au panthéon des grands génies du septième art, elles ont aussi permit l’apparition d’un phénomène quelques peu pervers. Celui d’ensevelir l’œuvre d’Eisenstein sous une énorme chape de plomb poussiéreuse généralement désigné par le terme ronflant de « classique » et par le statut d’œuvre intouchable, reléguant le Potemkine au rang d’œuvre historique avec pour effet d’induire que « ben ça doit être vachement chiant a voir ce truc » et faisant du film d’Eisenstein rien de plus qu’un incontournable pour étudiant en ciné ou autre universitaire, l’artefact d’une époque révolu, en bref pas grand-chose. Et ben non, Le Cuirassé Potemkine ce n’est pas chiant, ni vieillot ou ringard et ça met juste a l’amende les 8/10eme de la production actuel. C’est en février 1924 que sort La Grève, le premier long métrage d’Eisenstein, qui est aussitôt salué comme une avancé signifiante du cinéma soviétique. Eisenstein est contacté par le comité délégué par le parti charger d’organiser les célébrations du vingtième anniversaire de la révolution de 1905 pour tourner une série de film sur le sujet. Par faute de temps et d’argent le choix est porté sur l’odyssée des marins du Potemkine, jugée comme étant le fait le plus emblématique des évènements. Le film sort en Janvier 1926 en URSS dans une quasi indifférence malgré le succès de son avant première au théâtre du Bolchoï en Décembre 1925. Un débat a lieu afin de déterminer si oui ou non le Potemkine doit être montré a l’étranger, les autorités de l’époque ne croyant pas qu’un film de propagande puisse rencontrer un quelconque intérêt a l’étranger, et les origines juive d’Eisenstein n’arrangèrent pas vraiment les choses avec le directeur de la société charger de le distribuer. C’est avec l’aide de quelques personnes bien placé que Le Cuirassé Potemkine est distribué hors d’URSS. En Allemagne ou il connaît un énorme succès publique et critique, mais également en France et en Angleterre ou l’interdiction de diffusion dont il est frappé ne l’empêche pas d’être montré dans des projections privées ou il rencontre l’enthousiasme des spectateurs. Ces retours dithyrambiques vont provoquer un intérêt tardif de la critique russe qui va enfin se pencher sur ce film. Le reste fait partit de l’histoire.

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Le film ayant 83 ans au compteur il serait idiot de dire qu’il n’as pas vieillit. Certains passages pourront faire sourire pour leurs contenu lourdement signifiant : les officiers sont des caricatures d’ordures suintantes de mépris, le pope – affublé d’une tronche hirsute de vieux félon tout droit sortie d’une production de la Shaw Brother – qui tente de convaincre les mutins de rentrer dans le rang apparaît dans un plan qui semble tout droit sortie du Nosferatu de Murnau ou tout simplement les intertitres inutiles qui pollues la fluidité du métrage en explicitant un propos évident. Mais l’intérêt du Potemkine, et de toute l’œuvre d’Eisenstein, n’a jamais été dans le talent d’illustrateur de propos révolutionnaires et édifiants mais dans la puissance et le lyrisme que fait passer sa vision enthousiaste de la technique et dans idéal humaniste du jeune homme, dépassant le dogmatisme qui a pourtant présidé a l’élaboration de quasiment toute son œuvre. Ce n’est pas par hasard ou sympathie politique que le Potemkine a cartonné a l’étranger mais parce que l’histoire racontée est celle, éternelle, de la lutte des opprimés contre leurs oppresseurs, du bien contre le mal, de l’homme contre le monstre. Et qu’elle soit truffée de symboles politique n’a strictement aucune importance sur la puissance de la résonance que peut provoquer ce type de récit dans n’importe quelle partie du monde. Le Cuirassé Potemkine est, aujourd’hui, toujours aussi scotchant grâce a la parfaite alchimie de ces composants: la formidable rythmique du montage, l’extraordinaire photo d’Edward Tisse (1), l’élaboration obsessionnelle de cadrages hallucinants, résultat d’un découpage de l’espace vraiment renversant d’intelligence. C’est au travers de la caméra et du montage que les enjeux nous sont racontés et non par les intertitres ou le jeu des acteurs, d’autant qu’aucun individu ne sort ici de la masse, pas de héros classique mais deux regroupements de personnes (les insurgés et les tsaristes) vu comme deux entités idéologiquement distincts. On est dans le film de masse, une des nombreuses théorie d’Eisenstein, dans lequel la masse est le centre de l’histoire, son « héros ». L’incarnation la plus célèbre de cette théorie est bien sur la célèbre scène de l’escalier d’Odessa.

Cette fameuse scène est tout d’abord précédé d’une autre qui lui servira d’introduction. Une barge du Potemkine arrive a Odessa et dépose sur les quais le cadavre de Vakoulintchouk. La scène, une description quasi poétique de l’activité d’un début de matinée dans le port, dégage un parfum de quiétude, de tranquillité qui persistera jusqu’au soulèvement de la populace. Le calme avant la tempête. Conscient que la masse n’engendre pas vraiment d’elle-même l’empathie, Eisenstein prend tout d’abord soin, grâce a quelques visage immédiatement sympathique et identifiable, de lui donner une personnalité. Ces visages réapparaîtront ensuite aux moments clés pendant lesquels les cosaques feront un massacre. Le paroxysme de la tension dramatique provoqué par ce procédé sera la descente du landau sur les marches de l’escalier sous les tires des cosaques et les yeux terrifiés des gens d’Odessa qui ont pris le parti des insurgés. Même si aujourd’hui la violence de cette scène paraîtra toute relative face aux nombreuses couches superposées de cadavres et des douilles de La Horde Sauvage ou des Portes du Paradis je trouve qu’elle garde intact sa force brut, sa violence, sa tension dramatique et son aspect pathétique (2). La suite montre la réponse des marins qui vont anéantir le Q.G. des forces tsaristes puis aller au devant de la flotte envoyé a leur poursuite. Le Cuirassé Potemkine reste aujourd’hui le film le plus célèbre de son auteur mais, a mon humble avis, pas son meilleur. Ces films ultérieur démontreront que son deuxième film n’était pas un aboutissement mais un commencement, un prélude a une série de grands films (Octobre, Que Viva Mexico, Alexandre Nevski et surtout le titanesque Ivan le Terrible) souvent enfanté dans la douleur, et une révolution, celle d’un média: le cinéma.

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(1) Chef opérateur de génie et collaborateur d’Eisenstein sur tout ces films. Il est presque autant responsable de la splendeur visuel des films d’Eisenstein que le metteur en scène russe.

(2) Ce n’est pas pour rien que De Palma et Terry Gillian ont rendu un hommage appuyé a cette scène dans Les Incorruptibles et Brazil.

Liens utiles:

Biographies d’Eisenstein ici

Et quelques analyses intéressantes ici et .

Et enfin le plus important vous pouvez voir le film (en toute légalité) ici. La copie et la version sont un peu chanmé mais ça donne une idée assez précise du film.

One Comment leave one →
  1. varlin permalink
    10 octobre 2011 17:18

    Article très intéressant mais que de fautes d’orthographe!!!!!

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