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L’incroyable Hulk

3 août 2008

The Incredible Hulk de Louis Leterrier. USA/2008.

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La première chose qui surprend c’est que cette nouvelle adaptation n’est pas une relecture du comics crée par le duo Kirby/Lee mais une fusion de celui-ci et de la série TV, que tout les trentenaires qui lisent ces lignes sont censés connaître. Manifestement Marvel et Universal ont décidés de tirer un trait sur le film d’Ang Lee qui n’avait, et c’est un doux euphémisme, pas fait l’unanimité. Ang Lee avait accepté l’adaptation en pur néophyte, ne prenant jamais le personnage de haut et truffant son métrage de symboliques mythologiques et psychanalytiques, en plus d’essais visuels dont le but était de traduire littéralement les cases d’une planche de bd en film, bref de rendre « adulte » le genre. Le résultat est un métrage vraiment « autre », quasi expérimental dans lequel se succède le pire (le cabotinage de Nick Nolte en total free style, les caniches mutants) et le meilleurs (certaines scènes ou plans vraiment magnifiques). Les fans déjà malheureux n’encaissèrent pas du tout les libertés prises sur le titan vert et son look jugé trop « gentil ». Il était évident qu’un reload du personnage allait entraîner de profonds changements, de faire quelques chose qui soit plus en phase avec la vision qu’a le grand publique (et les geeks) du personnage, d’où le rapprochement avec la série, aujourd’hui bien cheapos, dont l’énorme succès et le statut culte était au moins autant responsable de la popularité du personnage que le comics.

De son coté la Marvel sans doute dubitative devant les résultats artistiques extrêmement fluctuantes des adaptations des super héros de leurs catalogue et malgré le succès de la plupart de celles-ci, décide de les produire elle même. Le résultat de cette premières tentative fut Iron-Man, film sympathique mais bancale handicapé par des seconds rôles inexistants, une réalisation de facture télévisuel et des intentions de départ resté a l’état de lettres d’intention, le film de Jon Favreau devait surtout pour d’impeccables effets spéciaux et réussissait a décoller grâce a la présence de Robert Downey Jr qui illuminait le film de son élégant jeu décontracté. Et bien Hulk c’est a peu près la même chose. Le film commence plutôt bien, on suit Bruce Banner planqué au cœur d’une impressionnante favela, tentant de refréner ces pulsions et de chercher une solution a sa malédiction. Bruce c’est Edward Norton comme d’hab’ excellent et vraiment investi dans le rôle du type écrasé par le poids de son secret et se murant dans une profonde solitude pour se protéger lui comme les autres de la bête qui est en lui. Ça se gâte avec l’apparition du général Ross, incarné par un William Hurt en peine déroute depuis cette ignoble merde qu’est Mr. Brooks et par celle d’Emil Blonsky, le bad guys joué par le d’habitude excellent Tim Roth ici vaguement concerné par la chose et dont le jeu est parasité par des dialogues de chiottes. Puis on revient dans la favela pour une scène de poursuite entre Banner et Les hommes de Ross (qui met celle de Bourne Ultimatum a l’amende) pour se finir par la première et excellente apparition de l’incroyable Hulk. Brutal, salement badass et masqué par l’obscurité, on est définitivement loin du David Douillet verdâtre, notre gentil géant a nous, présent dans le film d’Ang Lee.

Puis on quitte la favela et ça continue a se gâter avec l’apparition de Betty Ross, l’ex de Banner et joué par la chouquette Liv Tyler, jamais crédible et confondant ici un long métrage et une pub pour parfum. S’ensuis une suite d’ellipses improbables et de tentatives pour donner de la profondeur a des personnages qui échoue dans ces objectifs, rendant inexistant les différents rôles secondaires introduit tout au long du film, le barman Stanley (bonjour la réf) ou Mr Blue. Bref pour l’instant ce n’est pas le panard mais le petit plus de ce film c’est bien la présence de Louis Leterrier (eh oui) qui a fait de très gros progrès depuis Europa corps. Parfois élégante, sa réal devient hyper tendu au moment des scènes d’action mais toujours en prenant soins a ce que l’action soit toujours lisible, ce qui n’es pas évident en ces temps de parkinsonite aigue. Sans être des moments d’anthologie il faut quand même avouer que ça claque quand même un peu du beignet, avec comme point d’orgue le combat entre Hulk et Blonsky devenu l’Abomination (design de merde) dans un final peut être pas assez généreux dans la destruction massive des décors, mais quand même bien vénère et de toute façon au dessus du combat qui terminait Iron-Man. Au milieu de toutes ces viriles manifestations de testostérones Leterrier se permet même un jolie petit aparté romantique du plus bel effet entre Hulk et Betty rappelant assez furieusement le King Kong de Jackson. Bref l’Incroyable Hulk qui aurait pu être un film majeur du genre n’est au final qu’un agréable divertissement qui se regarde aussi vite qu’il s’oublie mais cela ne l’empêche pas d’être vraiment sympa et un bon reload vers une franchise plus proche du comics, et un pas en plus vers une adaptation des Vengeurs comme semble l’indiquer le cameo final de Tony Stark (Robert Downey Jr).

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