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Une danse macabre pour Satan… A l’ombre des palmiers !

2 août 2008

J’avais il y a quelques mois écrit un petit article annonçant la sortie chez Seven 7 de quatre classiques du ciné Bis italien des 60’s. Au jour d’aujourd’hui seul La ruée des Vikings n’est encore pas sortie mais cela ne vas pas nous empêcher de faire un peu le point sur ces sorties discrètement événementiels.

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caltiki-1959-04-gOn commence doucement avec Caltiki, le monstre immortel réalisé en 1959. Commencé par Ricardo Freda et fini par Mario Bava, Caltiki est une petite bande d’exploitation surfant sur les succès du Blob – Danger Interplanétaire d’Irwin Yeaworth (1958) et des géniaux Quatermass de Val Guest produit par la Hammer en 1955 et 1957 (Le Monstre & La Marque). Une équipe d’archéologue parcourant la jungle amazonienne découvrent a l’intérieur d’une pyramide une grotte contenant la statue d’une antique divinité maléfique Maya surplombant un petit étang. Une créature visqueuse sort de l’étendu d’eau et tue un des membres de l’expédition, qui réplique en faisant sauter la créature (a la dynamite hein pas sur leurs genoux). Mais un des membres de l’expédition est contaminé par un résidu de la vilaine bestiole et commence a montrer d’inquiétant signes de changements (le bonhomme devient jaloux et coléreux l’horreur quoi). Caltiki va bientôt ressusciter pour engloutir le monde… Malgré la présence de deux réals prestigieux on ne peut pas dire que Caltiki vole très haut. Le fait que l’intrigue soit bateau et les personnages insignifiants ne serait en soit pas un problème mais le film pêche par un rythme vraiment déficient, heureusement compenser par la courte durée du métrage qui vaut surtout pour sa facture visuel, que l’on doit une fois de plus a Bava qui dut assurer, en plus de la réalisation, le poste de chef opérateur, de concepteur d’effets spéciaux et d’ingénieur en systèmes B (Caltiki est en fait composé d’une tonne de barbaque bien saignante). C’est dans les quelques détails macabres qui parsèment le métrage, sa superbe photo et ces chouettes décors (surtout celui du temple souterrain) qu’une part de la personnalité de Bava transparaît sans que cela ne relève vraiment la sauce d’un film aux sympathiques accents Lovecraftien. Caltiki c’est malgré tout a voir mais plutôt a réserver a ceux qui recherche les films italiens de l’époque ou aux complétistes Bavaïen qui pourraient claquer de la tune pour un film vraiment moyen.

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danse-macabre-1964-02-gEn signant Le Masque du Démon l’année d’après, Mario Bava allait faire d’une pierre trois coups. D’un donner au fantastique Italien son premier grand chef d’œuvre et récolter un succès publique et critique de part le monde, deux impulser toute une vague de film fantastique gothique en Italie rivalisant avec les films de la Hammer et trois faire d’une jeune actrice irlandaise inconnue la seule icône féminine du ciné fantastique a la mesure de ces équivalents masculins. Cette actrice c’est Barbara Steele et ça tombe bien puisque c’est justement la tête d’affiche des deux films suivants. Dans un Londres ténébreux Alan, un jeune journaliste rencontre Edgar Alan Poe accompagné d’un mystérieux personnage, Lord Blackwood. Alan est un jeune septique qui prend a témoin Poe que l’au delà n’est qu’une vague fumisterie, Blackwood prend le parie que le jeune homme ne pourra survivre une nuit dans la vieille demeure familiale des Blackwood, réputé maudite et dont personne n’est jamais revenu depuis l’évènement dramatique qui a fait fuir ces occupants. Alan prend le parie et part avec Poe et Blackwood qui le dépose au lieu dit. Alan va découvrir que même les tombes peuvent parfois abriter la vie. danse-macabre-danza-macabra-castle-of-blood-2-gDanse Macabre, réalisé par Antonio Margheriti en 1964, est aujourd’hui considéré comme un des points forts de cette vague et ce n’est pas moi qui irait dire le contraire. Sans être aussi définitif que le chef d’œuvre de Bava cité plus haut, le film de Margheriti distille une atmosphère réellement envoûtante qui doit autant au macabre décorum du film qu’au charisme vénéneux de Barbara Steele. Danse Macabre n’est pas un film de trouille mais plutôt une sorte de trip atmosphérique ou, tout comme le héros, nous sommes baladés dans une série de décors poussiéreux recouverts de toiles d’araignées et noyés dans la pénombre. La vieille demeure devient, pendant la nuit des morts, un endroit ou passé et présent coexiste dans un même espace temps, ou les morts se lèvent pour se nourrir des vivants et ou l’amour d’outre tombe devient possible. La beauté toute particulière de Steele est magnifié par une belle photo N&B qui met en évidence ces traits singuliers et ces grands yeux noirs, faisant d’elle une sorte d’incarnation éthérée et fantasmatique de la beauté inaccessible et fatale. Les thèmes de la nécrophilie, du lesbianisme ou du sado-masochisme sont présent en filigrane et contribues a créer cette ambiance de romantisme noir soutenu par la réal hyper classe de Margheriti qui, s’il s’essaiera a quelques reprises aux charmes du fantastique goth (La vierge de Nuremberg ou l’excellent La Sorcière Sanglante avec B. Steele) ne réussira pas a faire mieux.

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161aybmEt pour finir passons a Un Ange pour Satan réalisé en 1966 par Camillo Mastrocinque. Roberto est un sculpteur engagé par le conte Montebruno afin de restaurer une statue réputée maudite, retrouvée au hasard d’une sécheresse ayant fait baissé le niveau du lac bordant le village et liée a un drame s’étant déroulé dans un passé lointains. Au fur et a mesure de son travail, Roberto est fasciné par la beauté de cette statue et qu’elle n’est pas sa surprise a l’arrivée d’Harriet. La jeune femme est en effet la descendante et le sosie de Belinda, la femme qui servit de modèle au sculpteur qui façonnât jadis la statue. Roberto est immédiatement attiré par Harriet dont le comportement commence bientôt a changer. D’abord discrète, celle-ci va progressivement devenir une dangereuse tentatrice qui va semer le trouble puis la mort autour d’elle. Un Ange pour Satan est de prime abord différents des autres film goth italiens, ici pas de cimetières terreux ou de châteaux poussiéreux plongés dans la 5vattupénombre, ni même de « délocalisation » de l’action dans une Angleterre imaginaire ou un quelconque royaume slave factice. L’environnement de l’intrigue est assez réaliste, beaucoup de scènes se déroulent de jour et le fantastique ne s’invite que par de discrètes touches, Mastrocinque n’appuie que rarement sur les artifices du genre et préfère distiller une ambiance sulfureuse qui pourra se prêter, a l’instar de La Maison du Diable de Robert Wise, et aux grès des point de vus a de différentes interprétations. Si la plupart des réalisateurs ont compris comment utiliser le trouble charisme de Barbara Steele Un Ange pour Satan est très probablement un des films ou son potentiel érotique a été le plus mis en avant. D’abord plutôt réservée, elle devient rapidement une chienne de l’enfer qui emporte tout sur son passage, un ange du mal devant lequel aucun mâle ne résiste et qui provoque de véritables catastrophes. La scène la plus explicite est celle ou l’ont peut admirer l’actrice en train de se dévêtir devant un domestique simplet, l’obligeant a ne pas regarder et finalement le punir en lui fouettant le visage pour avoir oser jeter un oeil. Steele est incandescente de sadisme lorsqu’elle réussit a convaincre une jeune femme de quitter son fiancé pour ainsi pouvoir la « garder » a ces cotés ou arrive a persuader un homme de tuer toute sa famille. Accompagner d’une belle facture pictural et d’une réal intelligente Un Ange pour Satan est un film trop méconnu, masqué par l’ombre des glorieux classiques de Bava, Freda ou Margheriti et est a découvrir séance tenante.

Les dvd sortie chez seven 7 sont tout a fait recommandables. L’image est en général nickel, le son correct et les bonus assez sympa (une introduction de Gerard Lenne, spécialiste du genre et auteur de quelques livres sur le sujet) en plus de bénéficier de copie complètes.

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