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Le Masque de Cire

12 avril 2008

M.D.C. – Maschera di Cera de Sergio Stivaletti. It/1997.

mdc-maschera-di-cera

L’occasion faisant le larron la ressortie chez TF1 video du Masque de Cire, dans une édition dvd minimaliste, permettra a toutes celles et ceux qui ne l’auraient pas encore vu de découvrir la très chouette première réalisation de Sergio Stivaletti, daté de 1997. Comme son titre l’indique l’action se situe dans un musée de cire mystérieux ou se déroule d’effroyables évènements. Le thème de la statue de cire n’est pas nouveau et il n’est pas étonnant de voir que cette fascinante figure, projection d’un idéal de perfection figé dans une inquiétante immobilité, soit devenu un des thèmes récurent du cinéma fantastique. Le premier grand film sur le sujet sort en 1924 dans une Allemagne en plein mouvement expressionniste. Le Cabinet des Figures de Cire, réalisé par Paul Leni de nos jours un peu oublié, raconte l’histoire d’un couple d’amoureux pris dans les méandres de récits oniriques inspirés de statues de cire représentant Jack l’Éventreur et Ivan le Terrible. Viendra ensuite en 1933 Mystery of the Wax Museum de Michael Curtiz, premier film parlant sur le sujet Mystery, inspiré d’une nouvelle de Charles Belden, est l’œuvre matrice dans laquelle les films suivants viendront puiser leurs inspirations. Oeuvre formellement magnifique mais ampoulée par les conventions de l’époque, ce film narre le récit vengeur d’un sculpteur défiguré confectionnant des sculptures de cire a partir des corps de ces victimes. Ce beau classique se verra remaké en 1953 par André de Toth dans l’excellent l’Homme au Masque de Cire. Filmé en 3D et reprenant quasiment a l’identique l’intrigue du film de Curtiz, l’Homme au Masque de Cire ne le rivalise pas en style mais le défouraille par son rythme, son efficacité et surtout par la présence de l’irremplaçable Vincent Price. L’Italie engendrera en 1960 d’un autre grand film avec le macabre et visuellement épatant Le Moulin des Supplices de Georgio Ferroni, transposant pour l’occasion l’intrigue en Hollande et faisant de l’artiste torturé un professeur en quête de guérison pour sa fille, guérison qui passe évidement par la mort de jeune premières transformées en statue de cire. Avec le temps le musée va tomber en désuétude jusqu’à ce que, dans la seconde moitié des 80’s, soit réalisés les sympathiques Waxwork 1 & 2 de d’Anthony Hickox, séries B dynamiques ultra référentiels ne lésinant jamais sur quelques effets gores de bon aloi et le Darkman de Sam Raimi qui, s’il n’appartient pas a proprement parler a la lignée des films précités, en empreinte nombres de codes visuels et thématiques. Le récent La Maison de cire surfe lui sur la vague récente des Slasher US, sa notoriété lui venant principalement de la présence de la bimbo Paris Hilton se faisant déphaser la tête a coup de barre a mine et d’un design, il faut l’avouer, plutôt intéressant.

Mais je m’aperçois que je n’ai toujours pas parlé du Masque de cire, ce qui est assez ballot s’il ont considère que c’est tout de même le sujet principal de cet article. Nous somme en 1996 et la grande période ou l’Italie enchaînait les grands films est révolue. Bouffé par la télé, le cinéma qu’il soit de genre ou non ne s’est pas relevé de la mort de la plupart de ces grands protagonistes et les survivants ce sont enfoncés dans des prods de plus en plus minables. C’est dans cette ambiance que Dario Argento, qui n’a pas encore fait le grand saut dans l’abîme d’une médiocrité sans retour, produit Le Masque de Cire. A la base écrit pour Lucio Fulci cette rencontre qui promettais beaucoup n’aura jamais lieu, Fulci décède d’un infarctus le 13 Mars 1996. Le projet est bien trop avancé pour l’annuler et Dario promulgue Sergio Stivaletti a la base maquilleur au poste de réalisateur. Stivaletti demande la réécriture du scénario coécrit par Fulci et que le jeune réalisateur trouve trop sombre et trop politisé a son goût. Il verrait bien Robert Englund dans le rôle principal mais les négociations tourne court et c’est a Robert Hossein, sous suggestion des coproducteurs français, qu’échoie le rôle de Boris Volkof. La présence du producteur un rien mégalo de spectacles pétés de tunes dans un Bis italien peut surprendre mais c’est oublier qu’Hossein fit partit du théâtre du Grand Guignol, a joué ou tourné dans pas mal de films de genre (les Marquise des Anges, Une Corde un Colt, Le Vampire de Düsseldorf) et qu’il fréquenta le milieu du ciné populaire italien, Argento et Leone en tête, dés la fin des 60’s. Suite a la promotion de Stivaletti, c’est a Benoît Lestang qu’échoie la tâche des maquillages vraiment très gore du film. Sergio Salvati, artisan des grandes heures du cinéma Fulcien, est en charge de la photographie.

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Le 31 décembre 1900 a Paris, un couple est massacré par un homme masqué pourvu d’une main mécanique, seul survivra leur fille Sonia. Quelques années plus tard a Rome, Sonia est embauché par Boris Volkof pour travailler dans son musée des horreurs dans lequel sont reconstituées des scènes de meurtres et de sanglants passages mythologiques. Volkof est troublé par Sonia pendant que les meurtres et disparitions s’enchaîne au fur et a mesure que le nombre des morbides attractions du musée augmente. Sans les égaler Le Masque de Cire n’en ai pas moins un bel hommage a ces glorieux aînés. Pas tant aux classiques de Curtiz et De Toth avec lesquels il n’entretient que peut de points communs mais avec les grandes heures du ciné Bis italien. La photo très coloré de Sergio Salvati restitue le baroque des films de Mario Bava et de la grande période d’Argento (on pense notamment a 6 Femmes pour l’Assassin et Inferno). Si l’on peut trouver que cela manque de finesse, l’effet truelle n’est pas loin, et qu’il y a un déséquilibre avec certaines scènes qui semblent tout droit sorties d’un porno estampillé Dorcel, il est indéniable que cette esthétique un brin outrancière participe au charme du film, de même que la réalisation modestement classieuse met a leurs avantages les beaux décors du film. Sans enlever a Stivaletti le crédit de la réussite du film, on sait Argento très présent sur les plateaux de ces productions et il est incontestable que le film porte la marque de son influence, de nombreux angles et de mouvements d’appareils renvoie directement a certaines de ces œuvres et ce n’est sans doute pas un hasard si Volkof n’est plus défini comme un artiste maudit mais comme un alchimiste. On peut avancer que Le Masque de Cire est très largement au dessus des réalisations du « maître » post-Ténèbres et du cinéma fantastique italien des 90’s en général, a l’exception tout de même des œuvres de Michele Soavi. Il n’y pas a regretter l’absence de Robert Englund tant Robert Hossein livre une performance sobre qui donne a Volkof l’intensité et la profondeur adéquat a son rôle de monstre romantique, un Hossein qui domine un casting masculin totalement transparent. Le cast féminin lui se porte bien, n’est pas avare de ces charmes et se distingue dans quelques scènes discrètement érotiques… Et ça c’est vachement bien.

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Comme toutes prods italienne qui se respecte, Le Masque de Cire est prodigue en scènes gore bien dégueux et en détails morbides que Fulci aurait adoré filmer, Volkof ne prenant pas de gants quand il s’agit de trucider ces semblables. Cœurs et mains arrachés, gorges tranchées et transformation des êtres via un système qui les vides de leur sang pour en faire des figures de cire vivantes sont au programme de ces réjouissances d’une cruauté toute latine, cruelle également est la description des statues de cire vivantes dont la souffrance restera graver a jamais, on notera d’ailleurs l’excellente tenue des maquillages assurés par Lestang. Toujours a la recherche de modèles, Volkof tape dans tout les âges, même les enfants ne sont pas épargnés par le sinistre goût de l’artiste pour la perfection. En fait Le Masque de Cire tout modeste qu’il est se révèle être un savoureux hommage a l’impeccable facture technique malgré tout parasité par le final a l’aspect « Terminatoresque » totalement portnawak assez révélateur de la mainmise d’Argento sur le projet, le cinéaste étant depuis Phenomena peut avare d’idées que je qualifierait poliment « d’autres ». Stivaletti n’a tourné qu’un autre film, I tre volti del terror, a la réputation catastrophique et est retourné a ces ateliers de maquillages. Le vieillard agonisant qu’était le cinéma italien est mort et enterré et ce n’est sans doute pas pour aujourd’hui que l’on pourra espérer une miraculeuse résurrection. Le musée est lui toujours inoccupé et attend patiemment qu’un autre propriétaire vienne le peupler de ces sombres projets.

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  1. KGFR permalink
    21 août 2015 23:18

    Je l’ai trouvé pas terrible voir nul et de plus , je sais pas si vous l’avez remarqué le ‘monstre’ qui domine toute la pochette du film ou (plutot le gars defiguré) , je ne l’ai pas vus dans le film alors …. 0 / 10

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