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L’Orphelinat

10 mars 2008

El Orfanato de Juan Antonio Bayona. Espagne/2007.

Depuis le début des 90’s, ce n’est un secret pour personne, l’Espagne est devenu la nouvelle terre promise des fantastiquophiles et autres cinéphages a la recherche de prods sérieuses et marquantes, éloignées de la grande fête de la saucisse qu’est devenu l’industrie US dans laquelle les majors semblent avant tout préoccupées par la capitalisation de tout un pan de la culture populaire a travers une série de remakes de qualités très divers. Bref après Alex de la Iglesia (qui ouvrit le bal en 93 avec ce gros trip destroy et subversif qu’est Action Mutante) et toute une série de réalisateurs dont les œuvres ont fait le bonheur des amateurs de péloche fantastique*, et avant que le monstrueusement flippant [REC] du duo Balaguero/plaza nous arrive sur le coin de la gueule, débarque L’Orphelinat premier film d’un jeune clippeur surdoué, et Grand Prix a Geradmer, qui a rongé son frein pendant quelques années avant de trouver en Guillermo Del Toro un mécène bienveillant.

A première vu ce qui surprend c’est la qualité esthétique de l’ensemble. Rarement premier long métrage aura été maîtrisé avec une telle évidence, même s’il n’atteint pas les sommets d’Abandonnée auquel il empreinte d’ailleurs Oscar Faura, génial chef op également présent sur les trois premiers films de Jaume Balaguero, sur The Machinist et Intacto. Cadre et photo donne une belle patine classique sans pour autant versé dans le poussiéreux, en accord avec la narration et le propos d’un film qui est avant tout un drame intimiste traversé de moments de terreurs la plupart du temps très efficaces.

Pour le reste, j’avoue avoir été moyennement transporté. Comme tout premier film L’Orphelinat est l’occasion pour Bayona de se confronter a ces influences et on ne peut pas dire que le constat soit aussi heureux que le bilan purement technique. Clairement ces influences ont été mal digérées, la plupart des scènes du film renvoie au grandes références du genre sans jamais vraiment réussir, sinon a les égaler, du moins a s’en démarquer. Ainsi sont invoqués les fantômes de La Maison du Diable (très lourdement d’ailleurs), Poltergeist et L’Enfant du Diable dans une scène de spiritisme elle très réussi et vraiment flippante, on sent également l’influence de Les Innocents (Laura semble être un écho du personnage joué par Deborah Kerr dans le film de Clayton) et au chef d’œuvre de Narciso Ibanez Serrador, La Résidence. Malgré ces défauts, le scénario réussi a jouer avec les attentes du publique et les codes du genre pour amener doucement le spectateur vers un final intimiste qui semble lui-même être une tentative de retrouver la triste beauté du magnifique Fragile mais sans réussir a y insuffler le même souffle tragique, car malgré l’évidente sincérité du film, il n’est pas sûr que Bayona posséde la vision artistique qui faisait toute la différences chez ses compatriotes réalisateurs Jaume Balaguero, Nacho Cerda ou Alejandro Amenabar. La suite décidera mais pour l’instant, et malgré ces défauts, L’Orphelinat est un très bon film fantastique qu’il est bien et qu’il serait dommage de rater.

https://i2.wp.com/img246.imageshack.us/img246/292/horphelinat20089jb2.jpg

*si ce n’est déjà fait jeter un œil ici pour de plus amples informations: http://www.cinema.lycos.fr/dossier/pourquoi-lespagne-593?a_page=0

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