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Le Charlatan

9 mars 2008

Nightmare Alley d’Edmund Goulding. 1947. USA.

nightmare-alley

Stanton (Tyrone Power) est un bonimenteur de fête foraine qui ne rêve que de gloire. Après le décès accidentel du compagnon de Zeena (Joan Blondell), Stan réussi à la convaincre de devenir son partenaire dans un numéro d’illusionnisme très complexe qui permet de crée l’apparence de la télépathie. Après s’être fait la main sur scène et sentant le grand moment venu pour lui, Stan plaque la fête foraine, Zeena et se marie avec la jeune Molly (Coleen Gray) qui devient sa partenaire et femme. Le succès est immédiat, « Stan le magnifique » fait salle comble tout les soirs et fait rêver les gogos avide de croire au miracles, même s’ils ne sont qu’illusions. Au sommet de sa gloire, Stanton va pourtant faire une rencontre qui va bouleverser ces plans, celle du Dr. Lilith Ritter (Helen Walker) psychanalyste avide et sans scrupules avec qui Stan va monter des arnaques visant a dévaliser ces clients. Stanton ne sait pas qu’il vient de mettre le pied sur un chemin qui va le conduire droit en enfer.

Si d’aventure il t’arrivait de te balader dans les sombres recoins d’une fête foraine, tu aurais peut être la malchance de tomber sur le pitoyable fantôme de Stanton Carlisle autrefois appelé « Stan le magnifique », bonimenteur de génie, séducteur, manipulateur d’âmes, personnification de l’ambition, de l’amoralité et sans aucun doute LE personnage le plus fascinant de l’univers du Film noir, pourtant déjà bien chargé. Se déroulant dans sa première partie dans l’univers peu fréquenté de la fête foraine Nightmare alley est un film étrange et fascinant, dépouillé des personnages et intrigues habituel des films noirs, sans armes ni meurtres, bourré de personnages inquiétants et dont l’atmosphère frôle plus d’une fois le fantastique. Tiré d’un bouquin écrit en 1946 par William L. Gresham qui était fasciné par la face sombre du divertissement, Nightmare alley est une réflexion sur le pouvoir de l’illusion, de la religion, un récit en avance sur son temps. Stanton comprend parfaitement que le monde n’est qu’une vaste foire, un univers remplit de personnes qui veulent croire en l’existence des forces de l’au-delà, au divin, à la vie après la mort et ne fait qu’adapter son numéros de foire en y ajoutant des paillettes et de la religion pour en parfaire l’illusion. Cependant Stanton, tout génial qu’il soit, n’est qu’un bonimenteur dépassé par son époque et trouvera son maitre en la personne du Dr. Ritter, dont le cynisme et l’arrivisme éclipseront très largement le sien lors d’une scène hallucinante ou Helen Walker devient instantanément une des plus effrayantes salope de tout les temps.

www.cinemaisdope.com

De la à croire que la psychanalyse soit assimilé a une nouvelle forme d’escroquerie et que Nightmare alley marque un passage a témoin entre deux génération, il y a un pas que l’on peut largement franchir tant le parallèle entre les deux « professions » est marqué, d’autant que les complexes rouages du numéros de Stanton sont facilement découvert par Ritter (La structure des anciens trucs ne fait plus illusion devant la modernité de la nouvelle génération). C’est a partir de ce moment ou Stan, se rendant compte qu’il a lui-même été dupé, va commencer sa chute, une descente au enfers qui n’a d’autre équivalent que celle de Tom Neil dans le noirissime Detour d’Edgar G. Ulmer, chute glauque et effrayante a peine effleuré par un happy end de rigueur, qui d’ailleurs sonne faux et masque mal l’édifiant pessimisme de l’histoire qui vient de se dérouler et qui marque plutôt une mise a zéro pour Stanton, un retour au début du film. Les amateurs de Tyron Power pourront sans doute s’étonner de le voir jouer dans un rôle de ce type, lui qui était plutôt habitué a jouer de bondissants aventuriers dans les films de la Fox. C’est pourtant a sa demande que Power, désireux de prouver sa réel valeur d’acteur, voulu tourner ce film. Bien lui en prit car c’est vraiment un de ces tout meilleurs rôles, éblouissant dans ce rôle de séducteur au cynisme flamboyant. Bien sûr le film n’est pas sans défauts, la chute de Stanton peut sembler un peut courte, trop rapide et il semble que ce personnage a été adouci pour l’adaptation, de même que la description du monde de la fête foraine a été nettoyé de ces éléments les plus perturbants mais c’est peux de défauts en regard des immenses qualités de ce métrage… Le plus méconnu des chef d’œuvres du film noir.

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