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John Rambo

3 mars 2008

de Sylvester Stallone. USA/2008.

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Pas évident de ressusciter une franchise phare du ciné d’action des 80’s, dont le héros est toujours perçu comme l’icône d’une Amérique réactionnaire, dans un début de 21e siècle qui n’a que faire des exploits solitaires du héros oublié d’une guerre dont plus personne n’a envie de parler et dont l’interprète a été ringardisé a outrance par les médias. L’image véhiculé par Rambo via ces deux dernières aventures associé au parcourt chaotique de Stallone, dont les choix de carrière ce sont souvent révélés catastrophiques, et de son image de gros débile mentales posait vraiment la question de la pertinence d’un tel retour. Mais depuis le come back de Sly avec l’émouvant (autant qu’excellent) Rocky Balboa, la dubitation faisant place a la curiosité, surtout depuis la diffusion sur la toile d’un trailer vraiment hardcore qui sonnait comme une lettre d’intention. Non seulement celle d’un film ultra violent mais également d’un retour a un cinéma old school, dénué de cynisme mais ne cédant pas aux sirènes d’un passéisme qui n’aurais de toute façon pas tenus le choc d’une confrontation avec un genre qui a évolué au gré des Die Hard de McTiernan, des cataclysmiques scènes d’actions du Saving Private Ryan de Spielberg ou du post-modernisme de Matrix et autres Kill Bill. On pouvait également s’interroger sur la manière dont Stallone allait positionner un personnage aussi daté et rugueux qu’un surhomme comme John Rambo par rapport au standard actuel du film d’action (Jason Bourne par exemple) et a l’avènement cinématographique d’autres surhommes très différents, les super héros. La réponse est simple, Sly envoie la purée de la manière la plus sévère qui soit. Se foutant totalement des modes, des biens pensants et du quand dira t’on, Stallone redéfini l’ancien béret vert comme un homme vivant par et pour la guerre, au delà de tout idéologie, rongé par son passé et le fatalisme. Le film ne déroge pas aux schémas qui ont fais le succès de la franchise en construisant toute son intrigue autour d’une mission a accomplir, ce n’est d’ailleurs pas le récit qui importe mais le regard que porte Stallone sur son personnage. Mutique, solitaire et cynique, Rambo se tape totalement du monde et ne pense qu’a une chose, qu’on lui fout la paix. Sa quiétude sera dérangé par l’intrusion d’une jeune femme idéaliste qui tentera de lui rappeler certaines valeurs oubliés qui ne demandent pourtant qu’a resurgir d’autant que Rambo ne semble pas insensible au charmes et a la féminité de celle-ci, parce qu’il faut bien l’avouer, coté cul c’est un peu la zérmi pour John. C’est donc pour elle que Rambo ira s’enfoncer dans l’Enfer vert pour une dernière mission, pour elle et pour faire hurler une dernière fois la Bête tapi au fond de ces entrailles dans un ultime baroud d’honneur.

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De prime abord c’est sans doute sur ce point que le film étonne le plus. Le trailer mentionné un peu plus haut donnait bien une idée du contenu du métrage mais pas de son hallucinante violence qui envoie toutes les pseudos prods horrifiques récentes a la cave. Plus que l’ultime et supra-goreux déchaînement final, c’est dans la représentation du Génocide des Karens que John Rambo se transforme. De l’actionner attendu par tous le métrage devient un film de guerre vraiment dégueulasse, foutant la tronche du spectateur directement dans les tripes fumantes d’une extermination, dans l’horreur la plus total dont aucun détails ne nous est épargné (bras et jambes coupés, femmes violés, enfants massacrés, hommes décapités ou pendu). Cette approche frontal et réaliste a, en plus de pointer les exactions d’une des pires dictatures au monde, l’avantage de poser rapidement le profile des bad guys, d’ignobles pourritures profitant de leur position pour assouvir leurs plus bas instincts. Des méchants idéaux pour un anti-héros en quête de massacre. Le seul face a face qui les opposera se fera lors d’un final absolument ahurissant de barbarie régressive, une catharsis total où, du haut d’une colline et armé d’une mitrailleuse lourde, Rambo se transforme en Ange exterminateur, en un pourvoyeur de Mort dont le moindre pruneau déchire, éventre, mutile, décapite, explose les chairs et offre au spectateur ce qu’il attend depuis 1h20, voir les militaires Birmans crever la gueule ouverte, exterminé par un homme transformé en abattoir ambulant. Stallone peut se féliciter de ne pas avoir céder aux travers des films d’actions actuels, de ne pas employer de shaky cam, dont le résultat en général se résume a une bouillie filmique incompréhensible quand elle n’est pas utilisé par un McTiernan ou un Spielberg. John Rambo se voit armé d’un style direct, viscéral, primitif mais néanmoins réfléchi (dans le genre la scène d’infiltration est exemplaire) qui illustre parfaitement le propos de l’histoire et favorise une immersion total. Style qui ne trouve d’équivalent dans le cinéma US actuel que dans la filmo d’un autre acteur/réalisateur décrié: Mel Gibson. On peut sans doute regretter que le film soit bien trop court, que les enjeux géopolitiques ne soit pas davantage développés, que la plupart des personnages soit sacrifiés sur l’autel d’un schématisme ultra prévisible mais Stallone n’a jamais eu la prétention, ou l’ambition, de délivrer un brûlot mais plutôt de conter en toute sincérité l’histoire d’un homme qui, après avoir traversé l’Enfer et y avoir survécu, va enfin faire la paix avec lui-même dans une émouvante conclusion rappelant les premières images du film originel, bouclant la boucle. Stallone, de plus en plus massif et menaçant, signe une interprétation toute en retenue, quasi minéral, intense. Probablement une des meilleurs de sa carrière.

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