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Death Sentence

3 mars 2008

de James Wan. USA/2007.

Au lieu de l’hommage annoncé au glorieuse 70’s, tant cité en référence par la grande majorité des jeunes réalisateurs et pourtant tellement outragées, Death Sentence se pose plutôt comme un retour aux bonnes vieilles recettes du ciné US des années 50. Les premières scènes du film nous montre une gentille famille américaine bien comme il faut, avec le gentil papa, la gentille maman et les deux fistons, eux aussi très gentils, avec comme seul ombre a ce tableau idyllique une innocente petite compétition sur les possibilités sportives du cadet. Cette description sera accompagné d’un score qui, a divers moments du métrage, soulignera tout le pathos dégoulinant de mièvrerie qui traverse de part en part cette « œuvre », avec comme point d’orgue la scènes des statistiques appuyant bien le fait que « putain c’est chouette la vie de famille, ça c’est des vrai bonnes vieilles valeurs snif ». Puis vient l’entrée en scène des bad guys, scène classique de la tragique rencontre entre un gang de cagoulés et le père, Bacon comme d’hab’ impeccable, accompagné de son fils aîné. Deuil et Enterrement n’intéresse pas vraiment Wan puisque celui-ci évacue vite ces « détails » pour embrayer directement, via un petit passage au tribunal, a la première scène de vengeance.
On est en droit, a ce moment, de se dire qu’enfin cette laborieuse présentation est fini pour passer au choses sérieuses. Et là on assiste a une baston minable dans un local a poubelle outrageusement éclairé en rouge, première brique sur le mur d’un symbolisme de fête foraine matérialisé par une photo aussi digeste qu’une tartiflette, a la différence qu’une tartiflette aussi grasse soit elle, c’est bon. Ainsi Wan et son chef op se sentent obligés de nous assener des scènes a forte dominante rouge (entre autre), sans doute pour bien souligner le début de la descente en Enfer du personnage joué par Bacon, la baston cité ci-dessus, mais également pour rappeler au 3 mongols du fond qui n’aurais pas encore compris, que les voyous sont des méchants vraiment pas gentils qui semblent affectionner les endroits noyés dans un spectre chromatique écarlate (rouge=enfer) mais également bleuté (froid=la mort). Puis on s’enfonce encore le nawak bien pourrave avec la description des dits voyous. En fait une bande de gonzesses larmoyantes qui passe leurs chagrin a citer des dialogues ineptes et a siffler des bières dans un bar, vous l’aurais déjà devinés, rouge.
Mais avant, et là ça fait vraiment mal, au travers d’une scène aussi mal branlé que le reste, on nous présente le perso incarné par le génial Goodman. Ce qui fait si mal aux burnes c’est de voir cet immense acteur cautionner une merde pareil (saloperie d’impôts) et surtout de voir l’utilisation que Wan fait de cette grosse masse de talent. Toujours dans l’optique de la fine caractérisation qui imprègne tout le métrage, Goodman en est réduis a jouer le gros porc qui suinte et qui beugle dans son antre, signe évident d’une absolu méchanceté, et jamais le court rôle qui lui est attribuer dans ce récit ne lui donnera l’occasion de creuser un personnage qui de toute façon crève comme une grosse merde.
Je vais m’arrêter là pour la description pour en venir au fait car au delà de sa réalisation minable, de ces choix scénaristiques grotesques (c’était mon frère! accompagné de c’est mon fils!) Death Sentence est symptomatique de l’énorme manque de couilles de son scénario et du manque de talent évident de son réalisateur. Ce n’est pas tant le fait que Death Sentence applique un schéma déjà utilisé maintes fois qui pose problème, après tout Lang a bien du faire avec les même stéréotypes dans son génial The Big Heat et je ne demande pas a Wan d’être Lang, mais bien l’idée même du film qui est de proposer un vigilante light, totalement débarrassé des éléments les plus perturbants qui sont pourtant induit, a mon sens, par le scénario. Étrangement Bacon, passé son premiers meurtres, ne semble jamais savourer sa vengeance. Il n’est jamais dans la jouissance de ces actes, cela sans doute pour garder le personnage « sympathique » au yeux du publique. Les lascars ne violent pas la femme avant de la tuer et le petit nenfant survivra au final, et ce dans une pure mécanique consolatrice destiné a rassurer le publique choqué par un tel déferlement de violence barbare (uhuhuhuhu).
Si on veut bien regarder de près, Death Sentence est l’exacte opposé des films dont il est censé s’inspirer. Death Wish ou The Big Racket sont des polars hardcore typiques des années 70 en cela qu’ils entretiennent l’ambigüité du discours et surtout laisse une grande interrogation final, un flou. L’idée du récit est d’insuffler une incertitude qui ne sera pas mis en cause par un final tout aussi ambigu que le reste. Ce que bien évidemment Death Sentence ne fait jamais, le film reste dans une pure logique de schématisation, de stéréotypes rassurant et finalement bourgeois. Le recourt a des choix visuels qui situe Death Sentence entre Seven et un comics évite finalement de construire un environnement glauque « réaliste » et vraiment inquiétant. Le refus de « racialiser » le gang sans doute par souci de ne pas être taxé de quoi que ce soit et d’éviter les polémiques qui pourraient nuire au chiffres de fréquentation. Nick Hume est seul responsable de la mort de sa famille, on nous le rabâche plusieurs fois. Afin d’expier sa faute (et faire repentance) Nick se rase les cheveux et devient, en apparence « l’un d’entre eux », ce qui est également précisé par le chef des lascars. Nick ne peut plus vivre, non pas parce qu’il est blessé mais bien parce qu’il est devenu un vigilante et qu’il n’appartient plus a la société bourgeoise qui l’a vu naître. Hume doit mourir pour que les choses rentre dans l’ordre.

Amen.

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