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Le retour des héros !

10 avril 2010

Solomon Kane & Le Choc des Titans

de Michael J. Bassett & Louis Leterrier.

C’est donc par un « double bill » que me voici revenu, après un looongue période de disette webienne, pour vous livrer une petite bafouille sur deux métrages qui auront, chacun a leurs manières, tentés de retrouver le chemin autrefois emprunté par John Milius et Peter Jackson, avec hélas beaucoup moins de succès que leurs illustres prédécesseurs mais sans toutefois tomber dans le ratage total ou honteux.

A l’heure ou la nouvelle  » adaptation » du plus célèbre personnage des écrits de Robert E. Howard ressemble de plus en plus a un gros gloubiboulga des pires décisions coutumières de l’industrie Hollywoodienne, Solomon Kane serait presque a un rayon de soleil malgré l’énorme lot de casseroles que se traine le dernier métrage du sympathique Michael J. Bassett. Variation autour des écrits Howardien, Solomon Kane se présente comme une prequel a ceux ci et tente de nous donner les origines de irascible solitaire, assez brumeuse chez Howard, ici une franche ordure poursuivit par les forces du mal avec qui l’aventurier a signé un pacte, un homme en quête de rédemption découvrant son pays natal en proie a une malédiction dont il est l’origine. Les intentions de Bassett sont excellentes, son film moins. Rejetant le second degré et l’édulcoration typique que ce genre de projet a l’habitude de subir, Bassett emploie une imagerie fantastique et une violence frontal assez rare de nos jour, en total opposition avec le gros d’une production de fantasy avant tout destiné a nos chères petites têtes blondes – et aux portefeuilles de leurs parents. En gros Solomon Kane c’est pas les bisounours chez Narnia ! Là ou le bât blesse c’est que le budget n’est manifestement pas a la hauteur des intentions d’un Bassett qui doit souvent se dépatouiller avec des CGI bas de gamme et un scénario sans surprise qui suit scrupuleusement, presque servilement, les codes du genre pour se finir sur un final emballé en deux minutes. J’aurais beaucoup aimé dire que Purefoy, absolument génial en Marc Antoine dans Rome, incarne « viscéralement » Kane  mais ce dernier, transparent pendant toute la première partie, ne trouve son rythme de croisière qu’après les meurtres de la petite communauté itinérante qui le recueil, mais sans réellement crever le plafond par la suite.

Les fans d’Howard les plus acharnés auront sans doute du mal a se retrouver dans une œuvre prenant autant de liberté avec le matériau d’origine, pas aidé par une réal parfois a la ramasse (entendre d’une grande platitude) et une production design a l’aune de la photo, globalement hideuse dès que Kane franchit le palier d’un intérieur. Mais malgré toutes ces tares, Solomon Kane reste un film attachant par sa volonté de donner un cachet authentiquement sombre, par le billet de l’évocation d’un monde rongés par le mal  intérieur de l’homme, mis a jour par les maléfices de forces infernales. Une terre aride et désolée balayée par le vent de l’obscurantisme ou la civilisation n’a aucune emprise, ou la barbarie seule fait loi.  C’est dans ces quelques instants que le souffle ténébreux des récits épiques d’Howard imprime la pellicule d’une mélancolie lancinante,  dans ces combats d’une sauvagerie sans concession rattrapant presque toujours leurs illustrations souvent quelconques. Je dis souvent parce qu’il arrive a Bassett d’avoir quelques idées de plan, de scènes ou de personnages secondaires plutôt réussis rattrapant les dégâts,  faisant de Solomon Kane une œuvre excessivement bancal mais finalement très regardable… Pour peu que l’on puisse passer ces défauts.

Sans transition, on passe au remake par Louis Leterrier du classique vieillot de Desmond Davis, une œuvre  devant son statut de film « culte » avant tout grâce aux effets spéciaux de Ray Harryhausen et a de multiples diffusions télé ayant transportées l’imaginaire de toute une génération de trentenaires, alors de sales mioches au goûts déjà déviants,  dans l’univers foutrement fascinant de la mythologie grecque, de son fabuleux bestiaire et de ces trépidantes histoires de héros.

Absolument pas égaux en terme budgétaire, Le Choc des Titans partage pourtant nombre des défauts du film de Bassett. Remodelant la plupart des éléments d’origine, Louis Leterrier et ces scénaristes suivent néanmoins fidèlement la trame qui servit a la version de 1981: Persée devra affronter et vaincre le Kraken, mais avant cela il devra affronter nombre d’épreuves, la plus mortelle étant de récupérer la tête de Méduse, une ancienne beauté maudite par les dieux capable de transformer en statut de pierre n’importe quelle créature vivante osant affronter son regard. Il serait ici assez fastidieux de lister ces variations, mais les plus notables portent principalement autour de la haine que les hommes portent aux dieux et sur les conséquences des actes de ces derniers envers leurs « créations » – la transformation de Méduse, violé par Poséidon et rejetée par Athéna et de Calibos, « beau père » de Persée maudit par Zeus et transformé en bras armé d’Hadès afin de contrecarrer la quête du jeune héros. L’autre modification portent sur les motivations de Persée qui ne souhaite pas vraiment sauver Andromède des baveuses attentions du Kraken, mais tailler un costard a Hadès qui a assassiné ces parents adoptifs. J’ai particulièrement apprécié certains détails d’ordre visuel tel que l’antre de Calibos, le design de Charon (le passeur du Styx fusionné avec sa sinistre nef, un agglomérat d’épaves tracté par des âmes damnés), les reliquats de l’ancienne beauté de Méduse, l’introduction d’éléments tout droit issue de la mythologie moyen-oriental (les guerrier-sorciers Djinns). En fait tout Le Choc des Titans porte la volonté de Leterrier de réaliser un authentique film d’aventure mythologique premier degré, loin des bouffonnerie du trio Bruckheimer/Verbinski/Deep ou des velléités guerrière de ce gros bouseux de Snyder, l’amour sincère d’un réalisateur pour la culture populaire dans la définition la plus noble qui soit, clairement le réalisateur se fait plaisir et réalise son Seigneur des Anneaux.

Le problème est que, a l’instart de Bassett et Solomon Kane, les bonnes intentions ne suffisent pas toujours. Leterrier semble comme paralysé devant le sujet et peine a insuffler une dimension humaine et, plus grave, un souffle épique a son récit, nuisant assez gravement a l’immersion pourtant nécessaire. On s’étonnera d’ailleurs qu’un film d’une tel ampleur soit aussi court, a peine une heure quarante, expliquant peut être le pourquoi d’un manque de profondeur général, le temps manquant a Leterrier d’installer confortablement son film et d’y poser proprement ces enjeux et personnages. Le casting était à la base plutôt alléchant mais l’interprétation reste globalement figé, mis a part Mads Mikkelsen toujours uber charismatique et Alexa Davalos qui, malgré un temps a l’écran assez réduit, réussi en quelques regards a faire passer le drame d’une jeune fille promise a une mort hideuse. On passera sur le look What’s the Fuck des Dieux – essayez d’imaginer des Saint Seiya vieux,  bedonnants et permanentés évoluant dans un Olympe  circoncit a une unique salle, étonnant mélange entre un salon de coiffure tendance et un hall de gare et vous aurez une étendu des dégâts – , des Djinns tout  droit sortie d’un gros Z rital, sur l’interprétation grandiloquento/grotesque de Ralph Fiennes, sur un design pas toujours très réussi (Argos et ces habitants sont une véritable horreur), des CGI pas toujours au top et sur un happy end de merde pour se focaliser sur ce qui constitue a mon sens les principaux défauts du Choc des Titans: son incapacité a installer de réels enjeux dramatiques – les exemples les plus flagrants sont la réalisation de la prophétie des sorcières sur la « mort » de Persée, le traitement de Calibos qui passe du stade de Némésis a celui de simple boss de fin de niveau et un changement de propos assez radical, passant d’une guerre ouverte contre les dieux a un consensus mou très Matrixien – , une incapacité a maintenir le niveau atteint par certaines scènes vraiment excellentes : le combat contre les scorpions big maousses, les sanglantes interventions de Calibos, le flash back qui décrit son origine, toute la scène – franchement mortel – situé aux Enfers (Styx + Méduse), le combat final entre les avatars d’Hadès pour empêcher Persée d’utiliser la tête de Méduse contre le Kraken. Leterrier montre, au détours de certains plans magnifiques, une véritable inspiration malheureusement contrebalancée par des scènes d’expositions laborieuses assez pénible dans leurs banalités. Mis a part la partie situé aux Enfers, toutes les scènes d’action sont parasitées par un vrai problème de lisibilité du découpage qui ne doit rien, pour une fois, a la sempiternel shaky cam que Leterrier a le bon goût d’éviter, mais a un montage trop cut dommageable dans le sens qu’il rend quelque peu brouillonnes ces scènes. Un manque de lisibilité pas vraiment aidé par une 3D artificiel et totalement dispensable, qui a en outre une sale tendance  a enlaidir la texture visuel général. C’est donc là aussi un film bancal dont il s’agit, une œuvre néanmoins attachante pour son honnêteté et pour certaines qualités qui en font un film a voir de toute façon pour tout amateurs de fantasy mythologique.

2 commentaires leave one →
  1. Richard M Nixon permalink
    16 avril 2010 00:05

    Happy to see you back, monsieur.

  2. ygrael permalink*
    16 avril 2010 15:07

    Merci bien Mister Président ^_-

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